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Archive for the ‘Santé’ Category

Que faire en pleine confinitude? Essayer le Tantra? Cette tradition indienne millénaire est revisitée en « art de vivre et d’aimer » qui offre une vision spirituelle de la quête amoureuse. Celle-ci, considérée en « voie royale de la transformation intérieure », permet d’accéder à une « humanité consciente et épanouie ». Qui n’en ressentirait pas le besoin en ces temps de mise sous écrou?

 

Le Tantra plutôt que le Tout-à-l’Ego? Dans notre société désacralisée, hypermarchande et hypersexualisée, l’injonction de jouir fait rage et attise  les ardeurs de nombre de « forcenés du désir » et autres « forçats de l’amour »… Mais où est l’amour, « le vrai », au temps de la marchandisation des corps et de la perte de contrôle de nos « données personnelles » comme de nos vies ultraprécarisées ?

Les Grecs anciens avaient trois mots pour le désigner : la « philia » pour l’amour réciproque (l’amitié), « l’agapé » pour l’amour inconditionnel, l’ « éros » pour l’amour physique qui fait les florissants marroniers de la presse mainstream ou dite « féminine ». D’évidence, on n’aime pas de la même façon dans le monde antique,  au temps des troubadours ou dans notre société de consommation de masse glissant vers le précariat généralisé et sa déréalisation par « les technologies de communication ». On le sait bien : « consommer l’acte sexuel » comme on satisferait une gourmandise passagère ne résiste pas à l’épreuve de la réalité : le dit acte engage bien « autre chose » et ne se s’expédie pas comme un gâteau vite avalé  – tellement il est riche de possibilités de transformation…

 

La voie tantrique

 

Depuis le commencement, les sociétés humaines demeurent régies par les forces d’attraction comme principe d’organisation.

Aujourd’hui, les intermittents de l’amour souffrent davantage de ses indignités et asymétries que jadis. Alors que chacun « cherche son site » sur le « marché », l’idéal de l’amour et la nostalgie du sacré demeurent plus vivaces que jamais au temps de la sexualité banalisée.

Dans le tantrisme, « l’union du masculin et du féminin en soi donne sens à l’existence et transforme le partage amoureux et sexuel en communion des âmes ». N’est-ce pas là ce à quoi aspirent les individus pris au piège de l’individualisme hédoniste : des instants communiels, arrachés au narcissisme compétitif obligé, où « ce qu’il y a de plus intime entre en fusion avec ce qu’il y a de plus universel » (F. Isambert)?

Psychothérapeutes, Jacques Lucas et Marisa Ortolan rappellent à quatre mains dans cette réédition en livre de poche que « nous sommes tous tantriques »…

Mais voilà : «  nous occultons ces capacités », nous nous refusons même l’accès à notre « être essentiel » en instrumentalisant le sexe dans un contexte de « consommation érotique à outrance sans discernement et sans mise en valeur de l’autre ».

Si le Tantra n’est pas une religion, il est un art d’aimer, apparu dans la vallée de l’Indus voilà 6000 ans, dans la cité de Mohenjo-Daro, « berceau d’une société tantrique » favorisée par un climat agréable – jusqu’à l’invasion des tribus nomades du Nord…

Le Tantra est une voie d’éveil qui « engage la dimension spirituelle de l’Etre ». Il est une mise en état d’amour qui permet de relier le corps pensant à la puissance cosmique et la démarche thérapeutique à la démarche spirituelle :

« à travers la sexualité se joue en condensé ce que nous sommes et tout ce que nous mettons en acte dans notre vie de tous les jours : l’intimité, la relation au désir, au plaisir, à l’autre, à la transcendance »…

Pour les deux pratiquants tantriques, « le principe divin est en chacun de nous, particulièrement accessible dans la rencontre homme/femme lorsqu’ils s’unissent en conscience ».

Ainsi, le Tantra « procure un état jubilatoire où nous nous reconnaissons et reconnaissons l’autre en tant que principe divin ».

La célébration tantrique se nourrit de la complémentarité des contraires : « Le Tantra est le culte de la féminité et de la masculinité unis dans l’amour. Le partenaire, tel le maître ou le gourou, devient  l’initiateur. Tout le travail de rencontre, d’harmonisation  et de lâcher prise permet la rencontre tantrique. C’est la reconnaissance de l’homme dieu et de la femme déesse, égaux et complémentaires,  indissociables dans la représentation de la divinité »

Cette expérience du corps, du coeur et de l’esprit relie le haut et le bas, le sexe et la conscience divine dans une expansion de l’être : « L’orgasme énergétique est une des finalités du Tantra. Cet orgasme, sans érection ni éjaculation, nécessite au préalable un travail combiné sur les chakras et sur le souffle ».

 

La qualité de présence intérieure

 

Cette pratique méditative suppose le lâcher prise dans ce mouvement d’expansion de l’être vers un grand « Oui » à la Vie : « Le détachement, l’acceptation et la non-attente d’un résultat précis dans la relation subliment les rencontres »…

Ainsi, il s’agit de « savoir vivre avec son désir sans projeter immédiatement  la « consommation » – être « pleinement en état de désir est une ouverture au monde, une ouverture réceptrice, accueillante, remplie d’amour »…

Si le Tantra « vise le plaisir, utilise le plaisir et est plaisir dans sa pratique », il est bien « au-delà de la sexualité, dans le rapport aux autres, à soi-même et à la vie ».

Son cadre permet « d’oser son désir et de se rendre compte qu’on a droit à son plaisir, à son fantasme, s’il s’inscrit dans le respect de l’autre ».

Mais il ne s’agit pas de se leurrer pour autant dans une quelconque anticipation de résultat – juste d’accepter la réalité ici et maintenant :

« Lorsque l’autre, sollicité, dit non à notre demande, à notre désir, et qu’on accepte ce non profondément, alors naît la transcendance, la sublimation, l’émergence de l’Autre et le contact avec le sacré. Accéder au sacré, « au goût divin », dans la relation, vaut bien le sacrifice d’un plaisir ponctuel et fugitif »…

On n’entre dans la fête des corps qu’avec beaucoup de coeur et une qualité d’être, une capacité de présence qui se travaillent et s’affûtent selon le degré de conscience atteint. L’approche tantrique ne se limite pas à la sexualité, fût-elle sublimée, elle est holistique et en conscience à partir du ressourcement par nos énergies vitales : « Cette rencontre du masculin et du féminin en soi  est le préalable à ce que l’union de l’homme et de la femme mène à la spiritualité incarnée : faire l’amour n’est plus seulement un moment de détente ou d’appropriation de l’autre, mais une méditation, un accès à l’état d’Etre »

Dans le Tantra, la spiritualité est pleinement incarnée en prenant sa source dans une sexualité assumée et transcendée : « Le Tantra propose une connexion spirituelle authentique qui ne repose pas sur des croyances car c’est l’expérience amoureuse qui en est le fondement ».

C’est une méthode alliant travail sur le corps, sentiments et intention en s’appuyant sur l’énergie sexuelle qui oblige à être connecté au désir en soi afin de sublimer ces énergies et  ainsi « investir l’espace sacré de la relation ».

Cet « espace tantrique » peut être créé à chaque instant  et toute circonstance de notre vie. Il suffit de le désirer – et  de renoncer à toute volonté de domination, de possession comme de puissance au siècle du « volontarisme » des winners automates ou autres start-upers « en manque » perpétuel d’avoir, d’ « avantages compétitifs », de « coups d’avance », de sécurité et de « toujours plus ». Suffirait-il de faire acte de présence au monde à partir de son centre de gravité retrouvé ?

L’esprit tantrique, ce n’est pas la maîtrise d’une technique de plus ou un mode d’emploi de « développement personnel » voire de « mieux-être ». Mais une alchimie et une acceptation de la puissance transformatrice de la Vie au-delà de la vérité exprimée des corps. Si les amoureux se couchent pour mourir, dit-on, les tantrikas toucheraient-ils le ciel en une jubilante transmutation ? Trouveraient-ils leur paradis ici et maintenant, fût-ce dans la fournaise d’une société surérotisée dont tous les voyants clignotent au rouge juste avant l’extinction des feux ?

Jacques Lucas et Marisa Ortolan, Le Tantra – Horizon sacré de la relation, éditions Le Souffle d’Or, Collection « des femmes et des hommes », 204 p., 8,20 €

 

 

 

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Marc Halévy

Physicien, philosophe et prospectiviste

Le 25/03/2020

 

L a pandémie signe la fin de l’orgueil des hommes. Un appel à la modestie. Un coup de semonce. Une injonction forte de la Vie à revenir à la vraie Vie !

 

Le paganus latin est à la fois le « paysan » et le « païen » ; il est l’homme de la Terre au sens autant quotidien que métaphysique.

 

Au sens quotidien, le « paysan » sait que sa (sur)vie dépend du monde bien plus que de son travail ; il n’est maître que de bien peu de choses ; il ne commande ni aux saisons, ni au vent, ni à la pluie, ni à la sècheresse, ni au mildiou, ni aux charançons, ni aux larves affamées … Il sait que, face à tous ces impondérables, la petite chance qu’il peut prendre de vivre bien, dépend de l’ardeur et de la qualité de sa besogne. Ses prières et colères n’y changeront rien !

 

Au sens métaphysique, Nietzsche le rappelle, l’humain moderne a résolu de vivre « hors sol », dans ses villes de verre et de béton, de fer et d’asphalte. Il a renié la Terre et ne vit plus que dans des mondes imaginaires et fantasmatiques. Il s’est créé longtemps des dieux étrangers au monde et à la Terre, des dieux indéfinissables, inaccessibles, silencieux et absents, dont le silence même lui faisait office de Sacré.

 

Cet (pseudo)humain-là, totalement dénaturé, n’a pas vu la triade essentielle qui fonde le Réel : la Matière, la Vie et l’Esprit.

La Matière qui se réalise au travers de tous les existants.

La Vie qui se vit au travers de tous la vivants.

L’Esprit qui se pense au travers tous les pensants.

Ce sont les trois moteurs du Réel. Il n’y en a aucun autre.

 

Rien ni personne n’existent au dehors du Réel car le Réel est le Tout de ce qui existe et de toutes les reliances au sein de ce Tout cohérent, unitif et évolutif.

Revenir à la Terre, ce n’est point l’idée que chacun doive redevenir paysan. Revenir à la Terre, c’est revenir au Réel, c’est abandonner toutes les utopies et rêveries, tous les fantasmes et tous les imaginaires, pour assumer, de tout cœur, la réalité du Réel telle qu’elle est et telle qu’elle va.

 

Revenir à la Terre, c’est sacraliser l’existence à la gloire de ces trois déités que sont la Matière (Hylê), la Vie (Zôon) et l’Esprit (Noûs), et qui ne forment qu’un seul et unique Divin (Logos), l’unique source de l’ordre (Kosmos) et de l’harmonie (Dikê) du Tout-Un (to Pan) ; un Divin unique, immanent, présent partout, en tout, toujours.

Revenir à la Terre est le plus court chemin pour revenir sur Terre et pour que l’humain y reprenne sa juste et petite place, au service de ce qui le dépasse, au service de l’accomplissement en plénitude de la Matière, de la Vie et de l’Esprit.

C’est lui qui est à leur service ; et non l’inverse.

 

 

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Le médecin intérieur

 

 

Alors que le système de santé ne répond plus aux besoins des « vrais gens », le Pr Andreas Michalsen propose des stratégies de médecine naturelle pour une vie saine par un renforcement des facultés d’auto-guérison de l’organisme.

 

On n’a pas encore vu un vélo ou une voiture se réparer tout seuls, constate le Pr Andreas Michalsen, chef du service de médecine naturelle à l’hôpital Immanuel (Berlin) – mais sait-on jamais, avec les « miracles » annoncés de « l’intelligence artificielle »… Contrairement aux machines, le corps humain commande à chaque nanoseconde une « multitude de processus d’autoréparation précis et d’une incroyable complexité ».

Le principe de la médecine naturelle est « l’interaction entre stimulation et réaction ». Ainsi, un « stimulus unique peut déclencher des réactions complètement différentes dans plusieurs tissus distincts » comme dans l’activité sportive : « l’effort produit un stress mécanique, la température du corps s’élève, certains tissus finissent par manquer d’oxygène et des molécules toxiques apparaissent, mais parallèlement, des processus de protection, de réparation et de construction s’amorcent. Et le corps apprend. C’est la raison pour laquelle entraîner l’endurance accroît la capacité d’adaptation de l’organisme et renforce la santé. »

Pour le cardiologue Michalsen, par ailleurs professeur de naturopathie clinique à l’hôpital universitaire berlinois de la Charité, les médecins devraient plutôt se poser la question : qu’est-ce qui empêche que nous tombions malades ?

L’espoir active certaines zones du cerveau et suscite la sécrétion d’ocytocine, l’hormone du lien témoignant de la confiance. Des clichés d’IRM haute résolution ont révélé à l’hôpital de Hambourg-Eppendorf  que la prise de médicaments placebo suscite une secrétion  d’opiooïdes endogènes exerçant un effet comparable à celui de la morphine. Ainsi, l’attente confiante de la guérison active chez certains malades un rétablissement. Ce qu’une tradition spirituelle bien établie résume ainsi : « il te sera fait selon ta foi »…

 

Le jeûne, rien que des bienfaits ?

 

Notre organisme s’oxyde et génère des radicaux libres. Le meilleur moyen de freiner l’oxydation est de réduire son apport calorique voire de jeûner durant des périodes choisies… Jeûner renforce les défenses immunitaires – et « jeûner régulièrement c’est vivre en meilleure santé plus longtemps ». Le cancer peut être traité par le jeûne aux effets anti-inflammatoires éprouvés, ce qui réduirait les effets secondaires des chimiothérapies et favoriserait la formation de corps cétoniques susceptibles de freiner la croissance des cellules cancéreuses.

Le Pr Michalsen recommande de n’absorber aucune calorie plusieurs fois par semaine durant 14 à 16 heures : « Quand nous mangeons moins ou jeûnons, le stress oxydatif diminue considérablement pour nos cellules. Moins les mitochondries, à savoir les usines énergétiques des cellules, ont de nourriture à traiter, plus le stress oxydatif est faible et plus la production de radicaux libres est réduite. »

De surcroît, « jeûner rend heureux » en favorisant la production d’endomorphines… Tout comme « respirer lentement prolonge la vie ». Bien entendu, le Dr Michalsen n’est pas avare d’une liste de « super-aliments » comme les baies, les patates douces (les habitants de l’île japonaise d’Okinawa leur doivent-ils leur longevité ?), les crucifères, les graines de lin, les fruits à coque ou les aromates.

Dans ce guide de médecine naturelle qui fait figure de « phénomène d’édition » en Allemagne (plus de 200 000 exemplaires vendus l’an dernier), Andreas Michalsen n’évacue pas la question de la spiritualité – ou du moins de la méditation permettant de se faire présent de temps à soi pour affûter notre perception de ce qui nous entoure : « L’expérience de la maladie et du caractère limité de notre corporalité est un rappel qui nous incite à nous consacrer au passionnant « pourquoi » de la vie »…

On s’en doute, la recette éprouvée pour bien vieillir en bonne santé, c’est de faire marcher ensemble ses muscles et ses neurones en se chargeant le moins possible de toxines. Et pour être vieux le plus tard possible, rien ne vaut une bonne hygiène de vie associée à une hygiène mentale appropriée dans le vaste réseau d’interactions et d’interdépendances universel dont un esprit vif (ou assez ouvert) peut appréhender la règle d’or pour son plus grand bénéfice : où chercher la fontaine de jouvence ailleurs qu’en soi, dans ce « vouloir » des profondeurs qui s’élève vers son idéal ?

Pr Andreas Michalsen, Guérir avec les forces de la nature, Albin Michel, 333 p., 22,90 €

 

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Notre mode de vie, nos addictions et nos renoncements étouffent notre foie… Une nouvelle approche de la perte de poids permet de le drainer et de le régénérer.

 

 

Une épidémie insidieuse agresse le foie de près d’un Français sur quatre. Elle gagne du terrain et est en voie d’identification sous le nom de « NASH » pour Non Alcoholic Steatosis Hepatitis – ou, si l’on préfère, « maladie du foie gras ».

Situé à droite du thorax, sous les côtes, le foie est l’organe le plus volumineux de l’organisme – et aussi le plus méconnu. Pourtant, il fonctionne comme un centre anti-poison, une usine de production, de transformation voire une station d’épuration…

Ce « grand chimiste du corps »  assure plus de 800 fonctions. Pour l’essentiel, il permet l’assimilation des sucres, des protéines et des graisses. Il synthétise ces protéines et détoxique la plupart des toxines absorbées – tant qu’il ne sature pas…

Mais quand il est saturé de sucres qu’il ne peut plus « traiter », il les « stocke sous forme de graisses (triglycérides) dans des cellules spécialisées appelées adipocytes » – et devient gras. Il peut alors se laisser envahir par des fibres dures qui étouffent les hépatocytes – et durcir tout entier. En d’autres termes, il développe une fibrose : plus la graisse s’incruste, plus elle sera difficile à éliminer et forme un carcan fibreux qui empêche les cellules hépatiques de respirer…

C’est ainsi qu’apparaît la cirrhose… Mais voilà : un foie en souffrance, ça ne prévient pas et se dégrade à bas bruit… Il faut s’alarmer dès les premières manifestations d’insuffisance hépatique, lorsqu’il pompe et tourne au ralenti…

Médecin nutritionniste, ingénieur biomédical et chercheur dans le domaine de la prévention du diabète et du surpoids, le Dr Réginald Allouche rappelle que nous sommes rythmés par notre alimentation. Dans ce domaine, l’organisme humain a atteint ses limites.  Trop de mauvais sucres, de mauvaises graisses et de perturbateurs endocriniens – mais pas seulement : « Même les particules fines en suspension dans l’air finissent dans la circulation sanguine et se retrouvent dans les cellules hépatiques, gênant leur fonctionnement déjà très complexe. »

Sans oublier l’excès de sédentarité : « l’homme a plus de 70% de masse musculaire et viscérale qu’il devrait mettre au travail chaque jour. Bouger son corps est difficile en ville, mais c’est absolument indispensable pour la santé de votre foie… et de votre cerveau. »

On l’aura compris : la prévention  se joue sur le terrain de l’hygiène de vie, de la lutte contre le surpoids et la sédentarité – bien avant de ressentir un « poids dans le ventre »… Elle passe par la mise au repos du foie et du pancréas avant leur mise au pas par le sevrage des sucres pour ne pas préparer le terrain de « grandes maladies délabrantes ou souvent tueuses, comme les cancers, les maladies neurodégénératives (maladie d’Alzeimer, Parkinson) ou le diabète de type 2 ».

Certains marqueurs dont le tour de taille donne « la mesure du niveau inflammatoire » de l’organisme : « Il faut simplement comprendre que plus les adipocytes de votre abdomen sont gonflés et remplis, plus le niveau d’inflammation de votre foie est important »… De surcroît, un ventre distendu ne permet pas au foie de fonctionner dans les meilleures conditions possibles – et donc, de se régénérer…

Une détoxification du foie passe par une activité physique mobilisant les graisses stockées : « Votre foie aime l’activité physique car elle lui permet de travailler beaucoup mieux et moins longtemps. En effet, au cours de l’exercice physique, les muscles secrètent des hormones anti-inflammatoires qui vont aider le foie dans sa tâche quotidienne. »

Elle passe aussi par de nouvelles habitudes alimentaires. Le Dr Réginald Allouche propose notamment la consommation, au petit déjeuner, de fruits à coque appelés oléagineux (noix, amandes, noisettes, noix de cajou, de macadamia, pistache, etc.), essentiellement composés d’acides gras mono- et polyinsaturés », riches en omega-3 anti-inflammatoires pour le foie.

Les fruits de saison sont également de « bons partenaires pour le foie » – « ça se mâche pour profiter des fibres » mais on évitera de les boire…

De même que l’on évitera  les mangues et les bananes, contenant une grande quantité d’amidon…

Le café a un rôle hepato-protecteur appréciable mais il faudra sacrifier les croissants et autres viennoiseries qui font partie de notre « art de vivre »…

Dix légumes sont particulièrement profitables au foie : l’artichaut, l’avocat, le brocoli, le poivron rouge, la betterave crue, la tomate, le poireau, la carotte et les salades vertes.

La méthode hepato-detox du Dr. Allouche propose tous les aliments hepato-compatibles avec des recettes, tableaux de suivi de programme et stratégies anti-mou ad hoc.

Au-delà de la question du surpoids, l’essentiel est de prendre conscience d’une évidence : pour garder une bonne santé, il faut garder un foie sain, au prix d’une vigilance s’exerçant sans relâche afin de ne pas   livrer la place à « l’ennemi de l’intérieur ». Un manuel de rééducation et de résistance, en quelque sorte, pour vieillir en restant jeune ou ne plus mourir… vieux avant l’âge ?

 

Paru dans Naturisme magazine

 

Dr Réginal Allouche, La méthode hépato-détox – Mincir durablement et sans danger grâce au foie, 300 p., 19,90 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pionnier de la chirurgie mini-invasive, le professeur Jacques Marescaux, président-fondateur de l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (Ircad) et directeur général de l’Institut hospitalo-universitaire strasbourgeois (IHU), spécialisé dans la chirurgie guidée par l’image, qu’il a créé également, est une personnalité-phare et visionnaire de la médecine. Après avoir ouvert le champ des possibles, suscité la naissance dans les anciens haras de Strasbourg du biocluster dédié au transfert de technologies dans le domaine medico-chirurgical et fait de l’Alsace une terre d’innovation médicale, il n’a pas fini de transformer le paysage de la santé. Et ce, depuis Strasbourg, place forte rêvée en ville-monde d’une Silicon Valley de la santé.

 

Le 28 novembre dernier, le professeur Jacques Marescaux recevait le Prix de la personnalité franco-brésilienne 2019 alors que l’Ircad, qu’il avait fondé voilà vingt-cinq ans, fêtait son 35 000e chirurgien formé : « J’avais exprimé le projet de former 200 chirurgiens par an et finalement nous en sommes à 6200 par an venus de 116 pays différents ».

Décerné par la Chambre de Commerce France-Brésil à Rio devant un parterre de 500 personnalités issues du monde économique des deux pays pour son action dans le domaine de la chirurgie au Brésil, il a surtout permis, selon son heureux lauréat, de mettre en lumière le talent du Dr. Armando Melani, le directeur scientifique de l’institut miroir, implanté à Barretos (Etat de Sao Paulo, 2011) et à Rio de Janeiro (2017). Une équipe de recherche et de développement a été créée à Barretos pour favoriser et accélérer le transfert de technologie en chirurgie mini-invasive.

Le travail du professeur Jacques Marescaux, qui a connu bien d’autres consécrations dont le Prix de la Société américaine de chirurgie mini-invasive (Sages, 2010) et la Médaille Ambroise Paré de l’Académie nationale de chirurgie (2015), a non seulement élargi et clarifié la vision du praticien ainsi que sa visibilité de la « nature des choses » grâce à l’emploi de technologies de la perfection mais aussi contribué à la visibilité et au rayonnement de Strasbourg en « capitale de la santé de demain ».

Acteur majeur du projet alsacien de niveau international « Territoire de Santé de demain » (TSD), il porte avec l’IHU l’Hôtel-Patient connecté permettant des prises en charge pré- et postopératoires personnalisées et augmentées par des moyens d’e-santé (télé-suivi et intelligence artificielle) qui permettent d’alléger… les contraintes par corps : « L’hôpital, tel qu’il existe va connaître une grande mutation. Nous développons un projet baptisé Eras (« Enhanced recovery after Surgery ») qui mise sur une récupération rapide du patient après une chirurgie : s’il quitte l’hôpital au bout de 48h, même après une opération majeure, il échappe au risque de maladies nosocomiales et diminue de moitié tout risque de complication. Mais il a besoin d’être surveillé de façon continue… et rassuré ! La ronde de nuit des infirmières n’y suffit pas. Le patient porte un patch capable d’analyser des paramètres vitaux et de les transmettre de façon sécurisée via Internet. L’hospitel (l’hôtel pour patients connectés) permet de réduire sensiblement la durée d’hospitalisation. C’est un lieu intermédiaire avant de rentrer à domicile, restant proche de l’hôpital. Nous arrivons à la bonne période pour développer les parcours patients connectés. »

24 projets français ont été retenus dans le cadre des Territoires d’innovation – avec une enveloppe budgétaire de 115 millions d’euros. Le projet alsacien, on l’a compris, entendant « offrir une meilleure réponse aux besoins de santé de la population », mise beaucoup sur la prévention – et le numérique via Priesm, la « plateforme régionale d’innovation en e-santé mutualisée ».

Porté par un consortium réunissant une vingtaine d’acteurs de la santé et du numérique, il met en oeuvre un vaste programme, « structurant pour le territoire », de recherche et d’innovations, réunissant la ville de Strasbourg et l’Eurométropole, mais aussi le pays de Saverne, la communauté des communes Mossig et vignobles, la CPAM du Bas-Rhin, l’Agence régionale de santé du Grand Est, le conseil départemental du Bas-Rhin, l’Union régionale des professions de santé (URPS), les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), l’université de Strasbourg (Unistra) et France Assos Santé fédèrant une centaine d’associations de patients dans le Grand Est.

 

De la connivence à la connectique

 

Le grand récit scientifique commence en septembre 1991 à Cologne. Jacques Marescaux assiste, lors d’un colloque, à la conférence visionnaire d’un médecin militaire américain, le colonel Richard Satava, avec qui il se sent d’emblée en connivence intellectuelle et en phase sur l’intelligibilité du réel : « Il expliquait quelles seraient les mutations de la chirurgie avec les nouvelles technologies d’Internet : les applications de la robotique, de la réalité virtuelle et de l’intelligence artificielle. Il parlait de réalité augmentée qui n’était encore que pur concept, rien n’existait encore, ça semblait relever de la science-fiction et j’ai du comprendre 10% de cette communication faite en anglais… Internet n’est apparu qu’en 1992 et finalement, nous sommes en train de faire ce dont il a parlé… »

Aussitôt rentré, le professeur Marescaux convoque tous ses collaborateurs et décide d’adapter la chirurgie à cette intuition passant par la logique de l’automatisation et l’utilisation de ce qui allait devenir la technologie maîtresse du XXIe siècle – l’IA : « La computer science était alors considéré comme un gadget et nous n’avions que peu de latitude à l’Inserm où nous officions. Depuis le lancement aux Etats-Unis, en 1989,  du « Visible Human Project », nous avions pourtant  l’intuition que l’ordinateur allait changer la pratique du chirurgien. Ce projet consistait à découper le cadavre d’un homme, en l’occurence un condamné à mort qui a donné son  corps à la science, en tranches de 1 millimètre. Chaque section, photographiée numériquement, permettait de visualiser toutes les structures anatomiques de l’organisme…  C’est ainsi que l’image se transforme en clone digital du corps. C’était comme une évidence en marche… Mais nos institutions et pratiques allaient-elles pouvoir s’y ajuster ? Là était peut-être la raison de notre succès : ne pouvant créer d’unité publique au sein d’une institution publique, nous avons lancé notre propre projet et construit notre building. L’Ircad a bénéficié d’un statut avantageux, grâce à la loi alsacienne de 1908 qui donne tous les avantages de la fondation, avec la flexibilité indispensable à l’achat de matériel performant. »

D’emblée, cette vision peut se concrétiser grâce à de grandes rencontres : «  Nous avons eu le soutien de Léon Hirsch, le chairman de l’USSC (« United State Surgical Corporation ») qui, le premier, nous a accordé sa confiance. Je lui avais envoyé un fax lui expliquant notre projet d’un institut dédié à la chirurgie mini-invasive. Le lendemain, sa réponse tombe : « Great Idéa ! Je vous envoie sept billets pour le Concorde, venez ! Une équipe vous attend à l’aéroport »… C’est le début d’un conte de fée ininterrompu pour les petits Français que nous étions. Il nous a donné le premier financement du projet. Orson Welles disait : « Faire un film, ce n’est pas compliqué. Mais 80% du travail, c’est d’assurer le financement du film »… Grâce à l’appui de Léon Hirsch et d’autres comme le président de l’Université Laustriat, nous avons pu amener une dynamique en région… »

Depuis 1994, l’Ircad, créé comme un centre privé de recherche médicale sous forme d’association de droit local alsacien-mosellan, s’affirme, avec son système nerveux  hyperperformant, comme une autre évidence dans le paysage et une référence mondiale en chirurgie guidée par l’image.

Un second Ircad ouvre à Taiwan en 2008, suivi par les deux instituts miroir du Brésil et celui de Beyrouth (2019). Un cinquième devrait ouvrir ses portes à Kigali (Rwanda) en 2020 et un sixième est en gestation en Chine, dans la région de Shanghai : « Pour l’Ircad China, on est venu nous demander. Le chairman d’une grande société sud coréenne est venu nous voir pour comprendre l’esprit de l’Ircad. Huit jours après, le contrat était signé pour assurer les responsabilités scientifiques de l’Ircad China pour une durée de quinze ans. C’est une manière de travailler à l’inverse de celle que nous connaissons en Europe ou aux Etats-Unis, où l’on procède par paliers, en passant par toutes sortes d’étapes et d’échelons intermédiaires. Là, c’est le président d’une société, acteur majeur dans les télécommunications, le pétrole, les semi-conducteurs et les cosmétiques, qui se déplace le premier.. Elle pèse 145 milliards et a décidé de devenir leader aussi dans le domaine de la santé en Chine. Mais uniquement en chirurgie mini-invasive… »

 

 

Au commencement est la vision

 

Né à Clermont-Ferrand où ses parents s’étaient réfugiés car l’Université s’était retirée sous l’Occupation, Jacques Marescaux arrive à Strasbourg… à l’âge de deux mois.

Son père, Jean Marescaux, est professeur d’histologie à la faculté de médecine de Strasbourg et sa mère, médecin de formation, se consacre à sa famille : « Elle a fait sept spécialités de médecine (de l’immunologie à la médecine du travail) sans les exercer afin de pouvoir nous élever… »

Sa voie est toute tracée – en chemin de liberté augmentée… Passionné par la recherche de bonne heure, le jeune Jacques passe des heures au laboratoire à  observer son père opérant des souris et s’enrôle tout naturellement comme fantassin d’Hippocrate… avant de révolutionner les blocs opératoires.

Major au concours d’internat en 1971 et docteur en chirurgie, il obtient en 1980 une chaire de professeur des universités en chirurgie digestive. En 1989, il est chef du service de chirurgie digestive et endocrinienne des hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Ensuite, tout s’accélère dans une société ultra-compétitive aux corps désorientés  (mais de plus en plus connectés…) avec la création de l’Ircad et de son écosystème d’excellence qui exporte son modèle. Le professeur Marescaux fait remonter le projet de l’Ircad aux premières opérations par laparoscopie (une chirurgie qui se pratique à travers de petites incisions de la paroi abdominale permettant l’introduction d’une caméra et des instruments chirurgicaux nécessaires) : « Le chirurgien travaillait alors à l’aide d’un écran : c’était la préhistoire de la chirurgie mini-invasive ! Mais j’étais persuadé que cette pratique allait se généraliser et qu’il fallait donc développer toutes les technologies permettant le meilleur geste chirurgical. »

Pour mondialiser son enseignement, l’Institut crée en 2000 WeBSurg (« World electronic Book of Surgery »), une université virtuelle dédiée à la formation médico-chirurgicale continue qui compte actuellement 400 000 membres.

Le 7 septembre 2001, Jacques Marescaux réalise à New York une première médicale et transatlantique en télé-chirurgie : il opère de la vésicule biliaire une patiente qui se trouve à Strasbourg… C’est « l’Opération Lindberg » – elle a duré 54 minutes, en partenariat avec France Telecom qui assurait la liaison en haut débit…

En mars 2005, il participe avec d’autres éminents confrères (Jean-Marie Lehn ou Pierre Chambon) au projet de pôle de compétitivité et d’innovation thérapeutique dans le cadre d’Alsace BioValley – l’Ircad en est le moteur :

« C’est la seule région où l’on peut mener à bien le projet qui est le nôtre pour trois raisons. La première, c’est l’aide que les collectivités locales nous consentent depuis le commencement. Elles sont toujours en phase avec nous. La seconde raison, c’est la qualité d’être et d’engagement du travailleur alsacien. Tout un réseau d’infirmières fait vivre avec dévouement le bloc expérimental de l’Ircad et le maintient propre en début comme en fin de séance. La troisième, c’est cette notion de service bien comprise qui a assuré le succès de l’Institut : nous avons somme toute copié le professionnalisme américain d’il y a une génération et la manière de recevoir asiatique. »

 

L’enjeu du siècle

 

Depuis, la société humaine n’en finit pas de se reconfigurer et de s’adapter à son infrastructure numérique. Celle-ci orchestre les échanges de données instantanées, rendant  possible notamment « le geste chirurgical le moins agressif possible » – c’est l’application de la réalité augmentée pour le chirurgien travaillant sur une reconstruction en trois dimensions de la localisation exacte d’une tumeur telle que Jacques Marescaux l’avait pressentie voilà trois décennies. La technologie d’aujourd’hui ne serait-elle pas la « fiction » d’hier ?

Dans son Institut d’exception, bien implanté et agrandi dans l’enceinte de l’Hôpital civil, le praticien visionnaire mesure le chemin parcouru – celui d’une révolution permanente, laissant juste affleurer l’ombre d’un regret : « Il n’y a pas d’idées folles. Je n’ai pas été particulièrement créatif, mais j’ai juste réagi à la vision futuriste d’un esprit d’exception. J’ai tout de même le regret d’avoir compris cinq ans trop tard une avancée majeure dans le domaine de la chirurgie mini-invasive, lorsqu’un confrère rencontré à un colloque à Buenos Aires en 1984 me dit : « J’ai inventé une technique sur des brebis, je peux les opérer sans faire de trou dans leur organisme »… Mais je menais trop de choses de front, j’avais été nommé professeur en 1980, j’étais au bloc opératoire du matin au soir et je n’ai pu concrétiser cette avancée pourtant formulée au bon moment… »

Le 2 avril 2007, Jacques Marescaux est le premier chirurgien à réaliser avec son équipe une opération chirurgicale par voie transvaginale sans laisser de cicatrice, dans le cadre du projet « Anubis » labellisé par le pôle de compétitivité Alsace BioValley. Une autre première mondiale, c’est-à-dire une utopie qui a touché terre et pris racine –ici, en Alsace…

Mais… la main automatisée ne va-t-elle pas remplacer l’homme jusque dans le geste chirurgical ? « Il ne s’agit pas de robotique mais de chirurgie assistée par ordinateur : le chirurgien ne cesse jamais de diriger et l’ordinateur analyse une profusion de données à la nanoseconde pour lui permettre d’améliorer ses gestes. »

Tout être humain naîtrait-il avec une double nationalité qui relève tant du royaume des biens-portants que de celui des malades ? La frontière entre ces deux états s’estomperait dans cette nouvelle prise en charge qui fait du patient un acteur parfaitement informé sur son état de santé. Pour peu qu’il garde la maîtrise de ses données,  hors suivi médical. Et peut-être aussi sa faculté à composer librement avec ce qui constitue sa réalité sans cesse vivante, vécue – et indéfinie.

 

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Cela commence à se savoir : les  technologies numériques  « nuisent gravement à la santé, à l’éducation et à la société dans son ensemble » – c’est la piqûre de rappel du  Dr Manfred Spitzer. Comment peut-on encore fermer les yeux sur les « effets pathogènes » des « médias numériques » qui  agissent comme des « accélérateurs de feu » ? L’état de nos systèmes de santé traduira-t-il bientôt les effets dévastateurs du joug numérique qui pèse sur nos existences ?

 

D’où nous vient cette croyance, somme toute infondée, que « notre bien-être et notre mal-être dépendent directement de la maîtrise des nouvelles technologies » quand bien même nous en ressentons au fond de nous leur force d’oppression ?

Et d’où vient que l’addiction aux « réseaux sociaux » soit considérée comme une « chance » et non comme un risque majeur pour notre équilibre et notre santé comme pour notre environnement ?

Neurologue et psychiatre à Ulm, Manfred Spitzer s’élève contre ce persistant déni de réalité et met en garde tant contre une altération continue de nos neurones et de notre système immunitaire que contre une « perte de contrôle fondamentale » de nos vies désormais placées sous la surveillance de ces technologies :

«  Les technologies numériques ne nuisent pas seulement à la santé physique et psychique ainsi qu’à l’éducation de la personne : elles ont aussi des répercussions très fortement négatives sur la société ».

 

 

 

Cyberdépendance, cybercriminalité et technostress

 

Qui prend au sérieux les effets de cette insomnie numérique qui pourtant se font sentir de façon de plus en plus aïgue chez les utilisateurs compulsifs de gadgets numériques comme chez tous ceux qui sont juste « obligés » de s’en servir pour leur travail ou même pour des démarches au quotidien ? Pourtant, le manque de sommeil nuit au système immunitaire, accroissant les risques d’infections et de cancers – sans parler du surpoids et du diabète suscités par une (mauvaise) position assise prolongée devant nos ordinateurs. La fatigue en résultant, accumulée durant la journée, peut mener à des endormissements au volant comme en bien d’autres circonstances. La lumière bleue des écrans inhibe la production de mélatonine,  détraquant l’horloge biologique, cela commence à se savoir : « les  effets sur la santé des appareils numériques sont plus graves que ceux de la consommation d’alcool et de tabac » avance le Dr Spitzer en se basant sur des données qui devraient faire autorité – si elles étaient diffusées par ailleurs

Les acheteurs de ces gadgets savent-ils vraiment ce qu’ils font en leur confiant toutes leurs données personnelles ? Qui songerait à confier ses secrets les plus intimes à un « ennemi » (en l’occurence tapi dans l’apparente neutralité d’une « technologie » si familière…) qui travaille contre vous ?

Nul ne peut plus l’ignorer : « La tendance actuelle est à la criminalité sur les réseaux sociaux consultés avec un smartphone. Un utilisateur sur six en a déjà fait l’amère expérience : il a alors vu son profil – c’est-à-dire son identité – usurpé par autrui. Et quatre utilisateurs sur dix ont été victimes d’attaques criminelles. »

Pour le praticien, « Internet est, de loin, le plus grand « quartier rouge » du monde » – celui où s’exercent les activités les plus sordides et où s’exacerbent les forces les plus obscures comme les malveillances les plus impunies…

 

Vers une société dénuée d’empathie ?

 

De plus, les derniers gadgets de destruction massive de l’environnement et de l’entendement en vogue depuis douze ans, dits smartphones, « empêchent tout sentiment de satisfaction existentielle et toute capacité d’empathie » souligne le praticien. Qui voudrait vivre dans une société de l’angoisse, dénuée de la moindre empathie envers ses membres, surtout ceux considérés comme « inutiles » ou n’arrivant pas à se conformer au modèle imposé de la « compétitivité » ou du « buzz » permanent ? Qui n’aimerait pas plutôt vivre dans une société privilégiant la coopération sur la « compétition » ?

Si les « réseaux sociaux » donnent l’illusion d’assouvir notre besoin de communauté, ils le font à la manière de ces substances addictives prodigeant leurs calories vides et leurs toxines, attisant sans cesse de nouveaux « besoins » forcément inassouvis.

Les surcoûts économiques, énergétiques et sociaux des dommages numériques sont-ils seulement intégrés – et provisionnés ? La vérité est qu’elle est impayable – 15% de la pollution mondiale vient d’Internet qui dépasse allègrement les transports aériens ou routiers et les usines…

Les livres de Manfred Spitzer (dont Digitale Demenz, Droemer Verlag, 2012)  ne passent pas inaperçus dans son pays : non seulement ils sont méticuleusement éreintés dans les médias (quand ils ne peuvent plus être ostracisés…) mais il s’est retrouvé mainte fois… diffamé à titre personnel – ce serait là plutôt de bon augure quant à la pertinence de ses données, compte tenu du système de fraude et d’inversion où suffoque et s’éteint une « majorité silencieuse »… Mais ses ouvrages d’alerte n’ent font pas moins leur chemin et remplacent avantageusement les magazines mainstream d’abrutissement et d’avilissement dans les salles d’attente de nombre de cabinets médicaux outre-Rhin.

Qui n’a pas entendu le sophisme : « Lorsque c’est gratuit, ne cherchez pas plus loin : le produit c’est vous ! ». Explication encore plus limpide formulée par le praticien de santé mentale : « Internet et ses « bienfaits » ne sont aucunément gratuits ! Nous en payons le prix fort, avec une baisse de notre durée de vie et une détérioration de nos conditions d’existence ; ce faisant, nous contribuons à enrichir plus encore les multinationales les plus prospères de la planète »…

Car enfin l’industrie qui nous dicte notre nouvelle existence numérique « rêvée » est la plus riche de la planète – aussi son lobby est-il le plus puissant financièrement et le plus persuasif pour nous vendre au prix fort nos addictions imposées, toujours plus « innovantes, connectées et éco-responsables » à ce qu’on nous dit…

Tout spécialiste en matière de santé publique prend à coeur la santé des jeunes générations livrées à de tels dommages (atteintes au développement organique, psychique, intellectuel et social, sexualisation exacerbée du quotidien, perte de fonctions exécutives, etc.) et donc la question de l’école. Or, il y a péril en la demeure, compte tenu de l’acharnement à équiper tous les établissements scolaires, depuis la maternelle, d’ « outils connectés » ou autres « compagnons d’apprentissage » électroniques – et ce, à grands frais tant économiques qu’écologiques vampirisant et excédant les capacités contributives des productifs qui font (encore…) tourner la société : « les investissements visant à généraliser l’utilisation des technologies numériques dans le domaine de l’éducation représente un gaspillage de moyens financiers. Rogner sur les postes des enseignants et dans le même temps, dépenser des millions pour ces nouvelles technologies est irresponsable et absolument nuisible à l’éducation des enfants. On ne peut et on ne doit pas abandonner à des multinationales, uniquement mues par la recherche du profit, l’éducation des nouvelles générations – qui est au fondement de notre culture, de notre économie et de la société dans son ensemble. »

Il n’est plus possible de l’ignorer, comme le rappelle Manfred Spitzer – et ce n’est pas un « fait alternatif » : les multimillionnaires, promoteurs de la « silicolonisation » du monde depuis leur vallée californienne, se gardent bien d’ « outiller » ( ?!) leurs enfants en gadgets « connectés » et autres « compagnons numériques » qu’ils vendent pourtant à toute la planète ; bien au contraire, ils inscrivent leur progéniture dans des écoles parfaitement exemptes d’écrans et d’ondes electromagnétiques… Alors, pourquoi cette frénésie à transformer la jeunesse en « chair à tablettes » comme jadis en  « chair à canons » et à polluer la planète entière de cette hallucinante quantité de « déchets invisibles » générée par des « connexions » de plus en plus contre-productives (2600 milliards de mails envoyés dans le monde en une année) ? Pour quels « profits » faudrait-il ajouter encore et toujours des écrans aux écrans alors qu’ « en même temps », il est de plus en plus clairement recommandé aux parents de limiter l’exposition de leurs enfants aux gadgets numériques ? Réponse convenue : « on est dans l’ère du numérique, il faut s’a-dap-ter»… S’adapter au pire des mondes et en sortir plus vite ?

Est-il possible encore , dans un tel monde bientôt à court d’univers alternatifs de capacités de stockage de nos milliards de données sans cesse émises dans le « virtuel », d’ « interdire le pire » comme l’on interdirait les drogues dures et la pédopornographie ? Comment faire comprendre que « le progrès » ne passe pas par toujours plus de technologie et de complexité crétinisante, prédatrice de temps et d’énergie comme de moyens de subsistance ?

Pour le praticien, les dommages induits par le numérique (dont la perte d’empathie…) ne laissent présager « rien de très bon » à l’échelle planétaire… Notre demeure terrestre brûle et nous regardons vaciller dans la petite lumière bleuâtre notre effacement programmé comme s’il s’agissait d’un spectacle qui ne nous concernerait plus… Pourquoi ne pas éteindre les écrans, avant d’être éteints par eux? Pourquoi ne pas les éteindre pour renouer enfin avec le réel – et rallumer les étoiles ?

 

Une première version de cette recension est parue dans les Affiches-Moniteur

 

Manfred Spitzer, Les Ravages des écrans – les pathologies à l’ère numérique, éditions l’échappée, collection « pour en finir avec », 400 p., 22 €

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Le nucléaire peut-il encore être considéré comme une « énergie de transition » crédible ? « La Parisienne Libérée » l’envisage comme un cadavre qui ne peut plus sortir de son cercueil qu’en… s’exportant… « L’atome est loin d’être assuré tous risques » rappelle-t-elle en vigie soucieuse de déchirer le hurlant « silence nucléaire » autour d’une industrie confrontée à une perte généralisée de compétences dont les failles ouvrent un gouffre sous nos pas…

 

Le terme « nucléaire » est-il encore synonyme de « sécurité nationale » ou d’ « indépendance  nationale » ? Jadis proclamé « énergie d’avenir », le nucléaire se retrouve « au coeur » des plus brûlantes interrogations sur l’avenir de nos sociétés thermo-industrielles confrontées tant au prix du pétrole qu’à son épuisement – et à la fin de vie de ses centrales.

Le contexte politique général en Europe cesse d’être favorable à une industrie nucléaire dont les coûts exceptionnels comme les risques tout aussi exceptionnels explosent : depuis les catastrophes de Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), les populations sous haute tension s’inquiètent  des risques d’une politique décidée en leur nom mais contre leurs intérêts et ceux des générations à venir… Celle-ci n’a fait que déplacer, sans la résoudre, la mortifère contradiction d’une dynamique fondée sur une croissance économique et démographique sans limites sur une planète en ébullition dont les ressources énergétiques utilisables sont en voie d’évaporation.

 

Sortir d’un jeu truqué ?

 

« La Parisienne Libérée », chroniqueuse dont les émissions (sur Mediapart, Arrêt sur images, Basta !, youtube, etc.) documentent les risques liées à l’usage de l’énergie nucléaire, donne une vue vertigineuse sur  l’immense étendue d’une irresponsabilité organisée entre Etats et industriels autour du (sur)coût d’un « accident majeur » (pourtant inhérent au « cycle d’exploitation » d’une centrale) qui incombe aux seules populations concernées. Sans oublier « l’entreprise de déréalisation du danger et de légitimation » de cette « irresponsabilité publique » que permet le maniement d’ outils bien commodes comme le chiffrage et les représentations graphiques.

Le danger nucléaire, un « risque négligeable » ? C’est là un « argument d’autorité drapé dans des courbes scientifiques »…

Car enfin, « l’industrie nucléaire nous sert des histoires de jeux de dés censés retomber toujours du bon côté, dans le but d’obtenir sinon notre assentiment, du moins notre silence résigné ».

Mais alors, comment sortir d’une « partie de cartes » dont le lobby de l’atome fixe toutes les règles et dont notre seule certitude est « d’en sortir perdants » ?

Peut-être bien en refusant les approches statistiques, les argumentations chiffrées et en considérerant « une fois pour toutes que le nucléaire n’est pas un risque » : c’est « un danger, une menace permanente, d’essence militaire, lourde et parfaitement refusable, indépendamment de tout seuil ou quantification »…

 

 Le nucléaire, comment ça marche ?

 

« La Parisienne Libérée » démythifie le « génie technologique » autoproclamé et invite à admettre une évidence : « l’atome ne produit pas d’électricité ».

Car « le feu nucléaire se contente de chauffer de l’eau, l’eau chaude se contente de faire tourner des turbines qui produisent de l’électricité, et puis c’est tout »…

Ainsi, une centrale nucléaire « n’est fondamentalement rien d’autre qu’une bouilloire géante reliée à un gros moulin » qui génère en réalité « de l’électricité à eau bouillie »… Mieux – si on peut dire : « un réacteur nucléaire perd les deux tiers de l’énergie qu’il produit, qui se dissipe sous forme de chaleur »…

Ces dégagements de chaleur dévastent les écosystèmes alors qu’ils pourraient « chauffer l’ensemble des bâtiments de France » – et que « EDF se permet de nous sermonner sur le thème de l’efficacité énergétique, culpabilisant les particuliers qui habitent des logements mal isolés »…

La filière électronucléaire  se veut « acteur majeur » d’une « transition énergétique » dont elle tente de capter les budgets alors sa part ne peut plus être davantage occultée dans l’érosion accélérée de la biosphère dans un contexte de prédation globalisée, à l’orée de ce qui s’annonce comme un cycle long d’énergie chère voire hors de prix…

Depuis le lendemain de la guerre, elle avive ce  vieux projet démiurgique de l’invention d’une forme d’énergie inépuisable.  Mais en thermodynamique, il n’y a jamais de miracle. Les mythes fondateurs de l’électronucléaire (une humanité parvenue à l’âge de l’abondance, la domination d’une nature surexploitée définitivement acquise, l’indépendance énergétique assurée, etc.) font long feu avec l’impossible démantèlement des centrales et les contradictions du chimérique concept de « transition énergétique » lancé en tentative ultime de fuite en avant pour prolonger une logique d’accumulation du « capital » et de prédation indéfinies.

L’ultime argument invoqué par l’industrie nucléaire, « l’énergie décarbonée », ne tient pas la route face à la perspective d’un désastre cataclysmique dans un cycle de stagnation des rendements énergétiques qui devrait l’exclure d’une nouvelle donne planétaire.

Le problème n’est pas de « produire plus » mais de consommer et de gaspiller moins, au terme d’une logique de ponction sur les ressources les plus accessibles au moindre coût : toute civilisation n’est-elle pas d’abord, depuis le néolithique, un système de récupération et d’usage des énergies ? Ivan Illich (1926-2002) ne disait-il pas que « l’exercice de la démocratie est indissociable d’une technique à basse consommation d’énergie » ? Des alternatives d’utilisation rationnelle de convertisseurs énergétiques végétaux et animaux et de toutes formes d’énergie renouvelable ne sont-elles pas proposées par des filières de bioconversion ?

Il ne s’agit plus de sauver le « dogme nucléaire français » dans la déraison d’une « économie » en état de guerre totale contre la vie sur Terre menée par des hommes plus étrangers à leurs semblables qu’aux présumés habitants d’une lointaine exoplanète . Mais de préserver ce qui peut l’être encore des possibilités de vie du plus destructeur mode de gaspillage énergétique jamais produit par une société.

Pour « La Parisienne Libérée », « ce qui finit aujourd’hui, bien au-delà de la chute chaotique d’une industrie, c’est le nucléaire en nous ». Le charme de la fée électricité est bel et bien rompu, une fois ses tours de magie éventés.

Il nous reste le cauchemar nucléaire, avec son grand silence tombal, ses failles et ses mythes persistants (dont celui du « non rejet dans l’environnement »…), ses retards perpétuels (la mise en service de l’EPR de Flamanville) comme ses impossibles démantèlements et confinements. Car « toutes les sociétés ne sont pas égales devant ce mythe » du confinement et des « pratiques industrielles qui le nourrissent » – aussi longtemps que l’on consentira à appeler « accidents » des « éparpillements toxiques » qui font partie du cycle « normal » d’exploitation des centrales : « Les matières nucléaires s’échappent peu à peu de toutes les enceintes que les scientifiques et les bétonneurs ont conçues pour elles » – quelles épaisseurs de sable, de béton, de métal ou de déni pourraient vraiment les retenir ?

Conclusion implacable de la journaliste citoyenne et praticienne de l’art des possibles : « Puisque les Etats nucléaires n’ont pas pu, ni voulu tenir captives leurs productions guerrières, n’ont pas réalisé industriellement les mondes clos dont ils se vantaient d’avoir la maîtrise technologique, c’est désormais directement à nous que s’applique l’injonction du confinement »…

Le pire est plus que certain au bout de ces pratiques consistant à « dévorer nos ressources collectives puis à répandre dessus des produits toxiques pour être sûr que cela ne soit plus jamais d’aucune utilité à personne ». Ainsi, il ne restera plus aux clients captifs des « offres » irrésistibles à venir qu’à « acheter, un jour de grande soif, la bouteille d’eau contaminée qu’ « ils » nous vendront à prix d’or »…

On peut toujours rêver d’une grande soif de spiritualité et de la mise en oeuvre d’une énergie spirituelle supposée guider la dilapidation d’énergie mécanique  en cours. Il en faudra, ne serait que pour faire l’économie, avant qu’il ne soit vraiment trop tard, d’une énergivore « transformation digitale» de nos sociétés présumées humaines ainsi que du Grand Bond numérique  prétendant « dématérialiser » les hommes dans un contexte dévastateur de « grand remplacement » de l’humain par des convertisseurs énergétiques et des flux d’énergie.

Car il n’y aura pas de rentiers de l’atome – pas plus que de possibilité de vie réduite à sa contribution pixelisée au big data dans une telle évaporation d’énergie, de compétences et d’intelligence vitale… Quels « citoyens » éclairés par les enjeux de « digitalisation illimitée » du vivant  se rendront, tant que les turbines tourneront encore, au poste de pilotage d’un « nouveau monde » productif avant le crash mettant un terme à 200 000 ans de « transition énergétique » ?

 

Paru dans les Affiches-Moniteur du 8 novembre 2019

 

 

La Parisienne Libérée, Le nucléaire, c’est fini, La fabrique, 232 p., 13 €

 

 

 

 

 

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L’intrusion massive du numérique dans nos existences n’amène pas que des avancées présumées bienfaisantes… Des spécialistes posent la question des usages numériques en termes de santé publique et interrogent l’apprentissage « par  le numérique » dans un contexte de technofrénésie débridée.

 

L’exposition des enfants aux écrans commence à inquiéter certains parents et spécialistes jusqu’alors catalogués comme « alarmistes digitaux » : faut-il s’affoler de la place envahissante qu’occupent smartphones, tablettes et autres gadgets de destruction massive de l’environnement comme des capacités humaines dans notre quotidien sursaturé d’imageries et d’injonctions « digitales » ?

Les « activités numériques » ne colonisent-elles pas une part croissante de nos existences au détriment de nos capacités élémentaires, de notre santé – et de la « vraie vie » ?

Docteur en neurosciences et directeur de recherches à l’INSERM, Michel Desmurget livre la première synthèse de l’ensemble des études scientifiques internationales sur les effets réels de cette submersion des écrans. Dans le prologue de son « livre noir du numérique », il cite les conclusions du journaliste Guillaume Erner dans le Huffington Post : « Livrez vos enfants aux écrans, les fabricants d’écrans continueront de livrer leurs enfants aux livres »…

 

« Le numérique » comme le plastique, « c’est fantastique »…

 

L’heure n’est plus aux inconséquents verbiages de fumeux bateleurs d’estrades cathodiques ou « numériques » et autres « lobbyistes déloyaux » à la « trompeuse neutralité » dont la seule fonction serait d’anesthésier les masses consuméristes sommées de s’abîmer dans une « orgie d’écrans récréatifs ». Car cette orgie-là « ronge les développements les plus intimes du langage et de la pensée » et génére une « hypotrophie de la matière grise au niveau de l’hippocampe ».

De nombreuses études ont associé cette hypotrophie au développement de pathologies neuropsychiatriques lourdes dont la maladie d’Alzheimer, la dépression ou la schizophrénie, pour les plus connues… Sans parler de cette « déréalisation » induite par l’addiction aux jeux video qui pousse à des « passages à l’acte » dévastateurs…

Par ailleurs, l’assignation devant écrans en position assise prolongée engendre « au niveau musculaire des troubles métaboliques importants dont l’accumulation se révèle dangereuse à long terme ». Il y a un lien évident entre surconsommation d’écrans et « affaissement des capacités physiques ». Sans parler des contenus dits « à risques » qui saturent « l’espace numérique » ni du « grand remplacement » de l’humain par les convertisseurs énergétiques – et des flux d’énergie dictant les flux de capitaux fictifs désastibilisant la planète… Déraison et dévastation numériques balaieront-elles le devenir des peuples ?

 

L’enseignant qualifié, une espèce menacée ?

 

C’est bien connu : « les écrans nuisent au sommeil » – leur lumière bleue neutralise la sécrétion de mélatonine… Et l’addiction aux écrans nuit gravement à la santé. Car les dérèglements du sommeil engendrent « certaines perturbations biochimiques favorables à l’apparition de démences dégénératives ».

Ainsi, le smartphone est le « graal des suceurs de cerveaux, l’ultime cheval de Troie de notre décérébration ». Car « plus ses applications deviennent « intelligentes, plus elles se substituent à notre réflexion et plus elles nous permettent de devenir idiots »… Plus leur consommation augmente, plus les résultats scolaires chutent : « Plus nous abandonnons à la machine une part importante de nos activités cognitives et moins nos neurones trouvent matière à se structurer, s’organiser et se câbler ».

Est-il vraiment pertinent d’abandonner à la médiation numérique l’enseignement des « savoirs non digitaux » (français, mathématiques,  histoire, langues étrangères, etc.) ?

Une irrepressible technofrénésie érige « le numérique » en « ultime graal éducatif », sommant la pédagogie de « s’adapter » à « l’outil numérique » : ne serait-ce pas plutôt l’inverse qui s’imposerait dans un monde qui tournerait sur son axe ? Des études montrent « au mieux l’inaptitude et au pire la nocivité pédagogique des politiques de numérisation du système scolaire ».

Alors, pourquoi une « telle ardeur » à vouloir digitaliser le dit système scolaire ?

Pour Michel Desmurgent, « il n’existe qu’une seule explication rationelle à cette absurdité » et elle est « d’ordre économique : en substituant, de manière plus ou moins partielle, le numérique à l’humain il est possible, à terme, d’envisager une belle réduction des coûts d’enseignement »… Notamment avec des enseignants peu qualifiés devenus « médiateurs » d’un « savoir » délivré par des logiciels pré-installés… Car enfin, « dans les faits, le numérique est avant tout un moyen de résorber l’ampleur des dépenses éducatives » – et il « projete l’enseignant qualifié sur la longue liste des espèces menacées »… Tout ça parce qu’un bon professeur « coûte trop cher » ? Peut-on mourir de… « l’économie numérique » ?

 

Le coût caché du numérique

 

La  « révolution numérique » a un coût qu’il devient impossible de dissimuler. Du seul point de vue environnemental, le surcoût de notre surinvestissement dans la technosphère et l’hypercomplexité est si astronomique qu’il devrait mobiliser illico les « alarmistes climatiques » : le péril écologique est d’abord numérique…

Mais le devenir des digital natives n’est pas intégré par la déraison chiffrée qui mène notre « civilisation » à sa perte. Cette génération d’ores et déjà sacrifiée par la submersion « numérique » pourrait-il miser encore sur une chance de s’élever à son « humanité » ? L’usage immodéré des « technologies numériques » dégrade considérablement notre capacité d’attention – réduite désormais à celle…d’un poisson rouge tournant en rond dans son aquarium.

S’agissant de la conduite automobile, « l’incroyable capacité des notifications et usages mobiles à kidnapper l’attention » des « ordinateurs de bord » comme des smartphone et autres gadgets à écrans augmente « massivement le risque d’accident »…

Une  humanité annoncée « augmentée » serait-elle en train de se réduire à… celle des machines qu’elle obstine à fabriquer en détruisant sa planète ?

Notre « dévorante frénésie numérique » nous précipite bel et bien dans le mur. Celui du réel qui ne cède pas, lui, aux dénis ou aux injonctions de ce tsunami « numérique »… Alors que notre demeure terrestre brûle et que la vie disparaît à bas bruit, pouvons-nous consentir béatement à notre « dématérialisation » et à notre volatilisation dans « le virtuel » ?

Quand bien même la seule vérité qui nous constituerait est celle de notre fin promise, pouvons-nous consentir à mourir avant terme et avant tout accomplissement au seul « profit » de « l’industrie numérique » ?

 

Michel Desmurget, La Fabrique du crétin digital – Les dangers des écrans pour nos enfants, Seuil, 430 p., 20 €

 

 

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Quel avenir laisse à l’espèce présumée humaine l’hégémonie d’un mode de pensée technologique et économique sur la vie, les reins et le coeur de chacun ?

 

Le système immunitaire de notre corps social aurait-il été désactivé par l’exponentielle excroissance d’un organisme étranger se développant dans ses tissus en parasite ? Cet alien prospère en corps étranger qui siphonne toutes les ressources vitales de son hôte. Dans un livre publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1992, le pédagogue et critique des médias Neil Postman (1931-2003) observait cette mutation à l’oeuvre dans les tissus nécrosés d’une postmodernité dérégulée, désindustralisée et désenchantée : le « développement incontrôlé de la technique détruit les sources vitales de notre humanité » et crée une « culture dépourvue de fondement moral » au seul bénéfice d’un nouveau clergé d’ « experts » qui contrôle tous les rouages de ce nouvel « ordre des choses » et en dicte les rituels.

 

Une « technocratie totalitaire »

 

Est-il possible encore de penser l’avenir d’un monde commun hors de la pensée économique et technique dominantes ? Ou faudrait-il rendre les armes et les âmes au monopole de la technique ?

Le livre de Postman est paru voilà une génération, bien avant la croissance exponentielle d’Internet et des « réseaux sociaux », l’addiction hébétée des digital natives à leurs écrans, les bonnes fortunes non moins exponentielles des dealers du « numérique » – et la virtualisation du monde… Le célèbre théoricien et critique américain des médias analysait la fascination de ses contemporains pour une technologie déjà invasive devenue  cette «  grande force qui façonne nos imaginaires comme nos expériences du monde et des autres » jusqu’à la dissolution de tous les fondamentaux.

En son temps, Postman faisait ce constat clinique : l’espèce présumée humaine est entrée dans l’ère de la Technopoly qui se substitue aux stades culturels antérieurs. D’abord, il y eut les « civilisations de l’outil » apparues avec homo habilis. Puis les « technocraties » apparues avec l’invention de la machine à vapeur par James Watt (1765) et la parution de La Richesse des nations  (1776) d’Adam Smith – l’Homo oeconomicus prend le pas sur la « nature humaine » dans la civilisation thermo-industrielle…

Préfacier de la première édition en français de l’ouvrage, l’historien François Jarrigue  rappelle que la Technopoly est d’abord une « technocratie totalitaire qui, loin de rompre avec les logiques de l’ancien monde industriel, les exacerbe et les pousse à son terme ».

Dans la phase de technocratie qui s’épanouit dans l’Amérique du XIXe siècle, la technique « s’émancipe de la morale ». Car « la technocratie n’a qu’une seule préoccupation : inventer des machines »… Après tout, « que ces machines transforment la vie des gens est considéré comme une évidence et le fait que ces mêmes gens soient parfois traités comme des machines est considéré comme la condition nécessaire et malheureuse du développement technique ». Fort logiquement, « le développement technique échappe à la maîtrise du politique et du culturel » et précipite l’humanité dans l’ère de la Technopoly, celle de la « soumission de toute forme de culture à la souveraineté des machines et de la technique ».

Postman définit la Technopoly comme une société qui « ne dispose plus d’aucun moyen de défense contre l’excès d’information ».

Car en Technopoly, « le lien entre l’information et les aspirations humaines a été rompu ». Une telle société est impuissante à réguler ce déchaînement d’informations  déconnectées de tout sens ou finalité qui ne s’adressent à personne en particulier dans une hypervolatilité qui ne bénéficie qu’aux joueurs du « coup d’avance »… Il en résulte une excroissance bureaucratique pour  coordonner les innombrables bureaucraties additionnelles et surnuméraires qui soumettent toutes les sphères de la société au lieu d’être à son service. Le clergé de la Technopoly ne parle pas de valeurs comme la « droiture », la « bonté » ou la « clémence ». Mais il assène les mots d’ordre d’ « efficacité », de « compétitivité », de « rentabilité » ou de « performance » – les nouveaux mantras d’une religion nouvelle : « La bureaucratie, l’expertise et les outils techniques sont devenus les principaux moyens grâce auxquels la Technopoly prétend contrôler l’information et apporter de l’ordre et de la cohérence ».

Dans sa dystopie, Le Meilleur des mondes (1932), Aldous Huxley (1894-1963) considère l’émergence de l’empire d’Henry Ford (1863-1947) comme « le moment décisif du passage d’une technocratie à une Technopoly ». Huxley mesurait le temps en référence au constructeur automobile : « Avant Ford » (BF pour Before Ford) et « Après Ford » (AF pour After Ford). Mais chaque historien proposera ses propres références – et Postman distille ses repères comme autant de signes révélateurs de l’apparition de la Technopoly, avec l’application des principes du « management scientifique » de Frederick W. Taylor (1856-1915)  dès 1910 non seulement à l’entreprise mais aussi à l’armée, à la justice, à l’éducation, l’Eglise et la famille…

 

La machination

 

La technique hégémonique n’a cure des recommandations d’Hippocrate, soucieux avant tout de ne « pas nuire »… Désormais, la pratique médicale et les patients se retrouvent « totalement dépendants des données générées par les machines » : l’information provenant d’un patient a « moins de valeur que celle produite par une machine » tout comme le jugement du médecin, aussi expérimenté fût-il, a « moins de valeur que les calculs d’un appareil »…

Puisque la technique « en elle-même tend à fonctionner indépendamment du système qu’elle sert », elle devient « autonome, à la manière du robot qui n’obéit plus à son maître » – ou à celle d’un marteau sans maître écrasant le vivant sans état d’âme

Quelle place reste-t-il à l’humain dans toute cette machinerie ? Quel espace lui concède encore cette machination ?  « Dans une culture où la machine, avec ses opérations impersonnelles et répétables à l’infini, est une métaphore du contrôle, considérée comme l’instrument du progrès, la subjectivité devient foncièrement inacceptable »…

Après avoir dissous toute forme d’autorité morale, « le récit de la Technopoly prend la forme d’un dogme qui prône un progrès sans limites, des droits sans responsabilités et des technologies  sans conséquence ». C’est bien connu : on ne s’oppose pas à la « marche du progrès » – quand bien même elle s’emballerait à tombeau ouvert vers l’abîme… Mais il n’y a plus ni pilotes, ni responsables ni coupables du crash final…

Bien évidemment, Neil Postman proposait sans illusions un « retour aux fondamentaux, dans un sens très éloigné de celui des technocrates – et allant à l’encontre de l’esprit de la Technopoly ». Jusqu’à nouvel ordre, rêver était encore permis…

Une génération après, le paysage technologique s’est complexifié jusqu’à la congestion, tant des organismes assignés devant écrans que du corps social. Dans un monde sans boussole, une technolâtrie dominatrice et sans conscience détruit le socle vital d’une espèce décérébrée dont elle assèche les sources vitales.

La limite semble bel et bien atteinte  – celle au-delà de laquelle le ticket pour « la réalité » n’est plus valable… Mais justement la Technopoly et l’espace numérique ne connaissent pas de limites à leur expansion… L’herbe les fleurs et la possibilité d’une vie vraiment « intelligente » repousseront-elles après le reflux du tsunami numérique?

 

Les Affiches-Moniteur n°79 du 1er octobre 2019

Neil Postman, Technopoly – Comment la technologie détruit la culture, éditions l’échappée, collection « pour en finir avec », 224 p., 18 €

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Mirko Beljanski (1923-1998) a consacré sa vie à la lutte contre le cancer. Le chercheur en biochimie laisse un héritage de 133 publications scientifiques, deux livres, onze brevets – et un traitement naturel articulé autour de compléments alimentaires aux vertus curatives éprouvées. Mais il y a eu une bien mystérieuse « affaire Beljanski » ainsi que le rappelle sa fille, Sylvie Beljanski, dans un récit haletant qui interpelle : la recherche frénétique de profit en matière de santé publique est-elle  concevable – et soutenable ?

 

Voilà près d’un demi-siècle, le 23 décembre 1971, le président Richard Nixon (1913-1994) déclarait « la guerre au cancer ». Ce « fléau des temps modernes » devait être éradiqué en 1976, date anniversaire de l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Cette victoire-là n’est jamais arrivée… Trois décennies plus tard, en 2004, la couverture du magazine Fortune interroge : « Pourquoi perdons-nous la guerre contre le cancer ? ». Que s’est-il passé après des centaines de milliards de donations diverses injectés dans la recherche contre le cancer ?

« Le cancer » n’est plus seulement une maladie à éradiquer –un fléau qui continue de « prospérer » : il est devenu une industrie lourde qui « pèse » des centaines de milliards et « prospère » sur sa trajectoire, constate Sylvie Beljanski, la fille du chercheur décédé :

« L’industrie du cancer a travaillé sur la base de l’hypothèse qui se réalise, selon laquelle le marché du cancer va croître et non se réduire, et elle s’est dévoyée »…

 

Une ténébreuse affaire

 

Le 9 octobre 1996, au petit matin, un commando d’une dizaine de gendarmes cagoulés du GIGN investit le laboratoire de Mirko Beljanski à Saint-Prim avec des maîtres-chiens – et un hélicoptère… Le septuagénaire, docteur es sciences devenu directeur de recherches honoraire du CNRS, est arrêté avec sa femme – voire irradié, semble-t-il, après vaporisation d’une mystérieuse substance dans son laboratoire sous prétexte de possible « radioactivité »… Deux ans plus tard, l’homme dont on a brisé la réputation meurt d’une leucémie myéloïde aigüe, avant le terme d’un procès verrouillé et sans fondement véritable qui tient du harcèlement judiciaire : « L’enjeu de ce procès ne consistait pas vraiment à faire juger un homme mais à effacer complètement quelque chose d’extrêmement important. Et si l’ordre écrit allait  jusqu’à ordonner la destruction de tous les produits et donées scientifiques associés à ses travaux, il n’était pas exagéré d’imaginer un ordre non écrit exigeant la destruction de l’homme lui-même ».

Pourquoi tant d’acharnement contre un paisible scientifique retraité, passionné par son métier, qui s’est juste donné pour mission de guérir ses semblables avec des extraits naturels ? Il se trouve que ses recherches ont contrarié des intérêts puissants et un homme en particulier, le Prix Nobel Jacques Monod (1910-1976), directeur de l’Institut Pasteur (1971-1976) dont la dogmatique se trouva mise en cause ainsi que le « politiquement correct » qui était alors aux « thérapies géniques ».

Il se trouve aussi qu’un malade célèbre, le président François Mitterand (1916-1996), utilisait les produits naturels de Beljanski qui lui avaient permis de finir son second mandat, « contre toute attente »… Mais à la mort de l’homme d’Etat, en janvier 1996, les « forces adverses » se déchaînent contre le chercheur. Sa fille, Sylvie, avocate à New York, prend en main la défense de ses parents et crée en 1999 la Fondation Beljanski. En 2002, la Cour européenne des droits de l’homme rend justice au chercheur dans le cadre de l’affaire « Beljanki contre la France » en condamnant notre pays pour n’avoir pas instruit le dossier dans un délai raisonnable…

Rejeté par la « communauté oncologique conventionnelle », Mirko Beljanski avait mis au point quatre compléments alimentaires bénéfiques pour les malades cancéreux. D’abord, il a développé deux extraits de plantes (Pao Pereira et Rauwolfa vomitoria) qui se sont révélé efficaces notamment contre les cellules souches cancéreuses pancréatiques et celles du cancer ovarien. Un autre complément – les fragments d’ARN issus d’E. Coli non pathogènes – stimule la production de globules blancs et de plaquettes. Enfin, l’extrait spécial de Ginkgo biloba a été utilisé avec succès pour prévenir la formation de cicatrices anormales à la suite de radiothérapies ou d’opérations.

Sylvie Beljanski rappelle les démêlés de son père avec un certain… Jacques Servier dont le « savoir-faire » consistait à dénaturer des produits naturels pour en extraire de la valeur. Car les dits produits naturels sont « reconnus depuis longtemps comme d’excellentes amorces pour la mise au point de médicaments ». Mais « quand une molécule est modifiée et synthétisée pour satisfaire aux exigences de la réglementation des brevets, elle devient souvent extrêmement toxique »… Et Beljanski s’était confié en toute naïveté au rusé Servier…

Nous vivons dans un monde dénaturé et toxique, envahi par les technologies, dont les perturbateurs endocriniens et autres poisons déstabilisent notre ADN et provoquent le cancer, comme l’avait montré Beljanski : « Bien en avance sur son temps, il a considéré la déstabilisation progressive et cumulative de l’ADN comme la cause profonde du cancer, alors que ses pairs recherchaient des mutations. Cela l’a conduit à créer son propre test de la cancérogénicité : l’Oncotest. Cet outil unique d’analyse mesure le degré de déstabilisation de l’ADN induit par certains produits. Ce test lui a également permis de faire une autre découverte majeure : il a identifié des extraits naturels fiches de certaines molécules anticancéreuses. »

Cet  « environnementaliste convaincu » a voulu faire bénéficier ses semblables des « propriétés anti-cancérogènes de certaines molécules naturelles ». Le succès de ses extraits fut « vécu comme l’insulte suprême par la direction de l’Institut Pasteur ». Il fut présenté en charlatan – des « journalistes » avaient pour « mission de créer de toutes pièces un scandale » ainsi que l’a révélé un « repenti » de ce  système-là…

Depuis, Sylvie Beljanski se bat pour rétablir la vérité : « La liberté et la sécurité de mon père, et ensuite son droit à la vie ont fini par lui être dérobés par le détournement d’institutions occidentales modernes. La vie est-elle vraiment beaucoup plus précaire dans les jungles non régulées ? La notion occidentale de « droit à la vie » inclut-elle le droit à la maintenir via l’accès universel aux soins de santé ? »

 

 

Un héritage scientifique préservé… non sans mal

 

Si le mal est fait et si un homme a été brisé puis tué, son oeuvre reprend racine sur un terreau plus favorable, au « pays de la seconde chance » : « L’homme avait disparu mais son savoir-faire avait survécu ».

Depuis, des milliers de patients suivent les traitements originaux de Mirko Beljanski. Mais que d’années perdues…

Dans un livre qui se dévore comme un thriller scientifique, Sylvie Beljanski raconte les « coïncidences » pour le moins étranges qui entravèrent son projet (dont la mort de partenaires précieux…) et les péripéties pour se réapprovisionner – dont une folle équipée en pirogue sur un cours d’eau infesté de piranhas en Amazonie pour accéder à un village perdu, exportateur de coeurs de palmiers, où le Pao pareira prospèrait. A peine identifiée, cette source d’approvisionnement est à nouveau compromise par la corruption ordinaire (cet autre cancer…) qui confisque aux Indiens leur terre…

En 1955, le président Eisenhower (1890-1969) annonçait, après la découverte du vaccin contre la polio : « Dans vingt ans, nous aurons vaincu le cancer ». Effectivement, souligne Sylvie Beljanski, « la lutte contre le cancer a connu un virage décisif en l’espace de vingt ans, du fait que c’est en décembre 1975 que Beljanski a présenté un produit anticancéreux et non toxique à Jacques Servier »…

Vingt ans après le saccage du laboratoire de ses parents, Sylvie Beljanski n’est pas encore au bout de ses découvertes : les travaux de son père, dont elle a patiemment reconstitué le puzzle, allaient au-delà du Pao pereira, du Rauwoflia vomitoria, du Ginkgo doré ou des fragments d’ARN. Malades et passionnés peuvent désormais échanger à la Maison Beljanski sise 317 East 53rd Street à New York (NY 10022), une boutique-salon de thé conçue pour accueillir  tous événements relatifs aux divers aspects de la santé. On sait désormais, grâce notamment aux travaux de Mirko Beljanski, que la maladie n’est pas un hasard. L’important n’est-il pas alors de cultiver sa capacité à « rester en bonne santé » ?

 

Pour en savoir plus :

Natural Source International

www.natural-source.com

 

Sylvie Beljanski, Gagner la lutte contre le cancer – La découverte dont la République n’a pas voulu, éditions Le Souffle d’Or, 272 p., 22 €

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