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Archive for the ‘Santé’ Category

 

 

Au moins un million de personnes se suicident chaque année dans le monde, soit une toutes les 40 secondes, selon une étude de la revue The Lancet – 800 000 selon l’OMS qui ne tient pas compte des « suicides assistés ». L’universalité et l’impensable de l’acte volontaire consistant à décider de sa mort dans un monde qui échappe à notre appréhension interpelle et ébranle : qu’est-ce qui donne « envie » de quitter cette vie? Et le « droit » de le faire?

 

 

La question du suicide a fait l’objet d’un colloque international et interdisciplinaire à Strasbourg (17-18 novembre) dont les Actes viennent de paraître avec les contributions de dix-huit chercheurs, sous la direction de  Frédéric Rognon, professeur de philosophie à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg sous le titre Penser le suicide. 

L’humain, ce vivant mortel jeté au monde indépendamment de sa volonté, se reconnait volontiers le « pouvoir » de s’en retirer par une « libre décision » d’anéantissement que l’on pourrait réduire à une dérisoire protestation contre un ordre des choses contrariant. Face à une vie « offerte » comme un « beau risque à courir », le non-être s’imposerait-il quand le risque n’en vaut plus la peine ? Faute de pouvoir exprimer leur vouloir-vivre ou ce qui les empêche d’accéder à une « vie bonne », un million de mortels s’arrachent chaque année à la douleur d’être et à l’injonction de faire : « Le dégoût de la vie est le seul motif qui nous fait la quitter » constataient deux jeunes officiers répondant au beau nom d’Humain qui, le jour de Noël 1773, se retirèrent d’un commun accord de la « scène universelle » sans permission.

 

La vie, « bien suprême » ?

 

David Le Breton, professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg, souligne la fonction de soutien de l’imaginaire suicidaire qui parfois permet d’endurer la vie : « Le suicide est rarement une recherche de la mort, il vise d’abord à mettre fin à une souffrance. A défaut de trouver une solution pour s’extirper d’une impuissance, et fort du sentiment que la situation est irréversible, la mort paraît la seule issue pour mettre un terme à une insupportable tension. La décision du suicide traduit le moment où le temps se fige pour l’individu, elle marque la conviction que le présent ne sera plus que la répétition inlassable et douloureuse de l’instant. La vie n’est pas nécessairement pour tous « le bien suprême » (…) Le suicide n’est pas toujours une impulsion, il est parfois une décision étalée dans le temps, et d’abord une représentation, un apprivoisement intérieur de la volonté de disparaitre. L’imagination du suicide possède une forte ambivalence, elle est pour les uns, à leur insu, une forme radicale de prévention, une manière de reprendre le contrôle d’une vie qui échappe. En pensant sans cesse qu’ils peuvent mourir à leur gré, ils en repoussent la tentation, et au fil du temps le maniement de l’idée de leur mort volontaire leur fait franchir la zone de turbulence où ils se perdaient. »

Marie-Frédérique Bacqué, professeure de psychopathologie à la Faculté de psychologie de l’Université de Strasbourg, rappelle la portée de cette liberté irréductible qui se manifeste comme une possibilité de renoncer à sa vie à tout moment : « Le suicide est une issue en réserve pour certains. Cette possibilité, étrangement, les rassure face à l’adversité de la vie. »

Ce que confirme la pratique de Michèle Zeisser, médecin anesthésiste aux hôpitaux universitaires de Strasbourg : « Porter une attention particulière à l’expression de la souffrance face à une demande de mort anticipée peut conduire à une reprise du cours de la vie chez une personne dépressive, ou à une nouvelle interrogation sur le sens de la vie ou de ce qui reste à vivre. »

Avant d’envisager de « n’être plus rien », ne vaudrait-il pas mieux s’assurer de la possibilité envers et contre tout d’une vie d’accomplissements, au-delà de la question d’une « naissance non choisie et impossible à choisir »? Pour ceux qui auraient raté leur entrée, y aurait-il une possibilité de « rattrapage à la sortie » ?

Daniel Frey rappelle que l’on doit à Camus d’avoir fait de la question du suicide « l’unique problème philosophique digne de ce nom » dans son Mythe de Sisyphe : « Vivre n’est pas contradictoire avec vouloir mourir ; précisément parce qu’elle se sent et sait vivre, la conscience veut parfois, face aux souffrances de tous ordres qu’inflige l’existence, penser à la possibilité de mettre un terme à celle-ci en mettant fin à celle-là (…) Le suicide est pour Camus la tentation de la pensée qui a reconnu l’absurdité totale de l’existence, c’est-à-dire l’absence totale de toute justification de et dans l’existence, l’absence de toute raison profonde de vivre, le caractère insensé de cette agitation quotidienne et l’inutilité de la souffrance (…) On pourrait noter que si la question du sens de la vie devrait, si elle est bien posée, distinguer pourquoi existe le sujet qui se la pose et pour quoi il existe. »

 

Une humanité trahie…

 

Le « monde du travail » semble entré en deuil avec l’accélération sociale qui fait dudit « travail » une entreprise de démolition humaine, à en juger les suicides en série dans certains secteurs « productifs ». Le mémorable slogan « travailler plus pour gagner plus » signifierait-il en vérité « travailler plus pour vivre plus mal et mourir plus vite » ?

Ergothérapeute, psychologue du travail et médiatrice, Florence Bègue rappelle la « forte résonance symbolique du travail avec l’identité personnelle » sous le règne d’une « pensée opératoire » qui prive chaque salarié de « l’exercice de l’intelligence, de la vie, du travail vivant » : « Le caractère obsessionnel de la pensée opératoire est mortifère. La logique obsessionnelle se retrouve bien dans l’obsession de la trace, du contrôle du reporting, puis du contrôle du contrôle (…) La référence n’est plus le travail bien fait mais la tenue des indicateurs quantitatifs déterminés par la hiérarchie. Autrement dit, le « bien travailler » signifie atteindre, voire améliorer les indicateurs statistiques ! Traqué par les référentiels et les procédures, le salarié doit en permanence donner la preuve de ce qu’il fait (la traçabilité). Il est toujours en situation d’être pris en défaut (…) Sentiment d’absurdité et perte de sens prédominent (quand le travail devient essentiellement orienté vers la production de traces aux dépens de sa finalité). (…) Le suicide est toujours une rupture avec la société. La solitude, l’isolement, le désespoir se nourrissent du fait qu’on désespère d’un travail qui se défait sous nos yeux, de la société, d’une humanité trahie. »

Les vagues de suicides devraient servir d’alerte majeure dans un « meilleur des mondes » érigeant « le bonheur » comme un « critère essentiel de la valeur comparée des sociétés ». François Galichet, professeur émérite de philosophie de l’Université de Strasbourg invite à considérer la sortie de la vie comme une « composante fondamentale du pacte social » : « Assurer cette sortie dans les meilleures conditions possibles constitue une obligation pour les sociétés démocratiques (…) Il incombe à une société démocratique et républicaine de rendre aussi doux, heureux et libre que possible le congé que ses membres prennent d’elle – comme il lui incombe de rendre doux, heureux et libre l’accueil qu’elle fait aux nouveaux arrivants en son sein. »

Quel horizon peut donner encore une société de précarité et de paupérisation instituées qui tient comme une valeur absolue  cette « dynamique économique » qui investit chaque instant de la vie, de la naissance à la mort?

Professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg, Pascal Hintermeyer analyse Les paradoxes de l’euthanasie volontaire  dans nos sociétés médicalisées hantées par un esprit managérial misant sur les technologies de l’augmentation : « L’affirmation de l’autonomie personnelle s’exalte jusqu’à cette extrémité où elle se transforme en prérogative de se supprimer. L’individu revendique un droit fondamental sur sa propre existence qui se prolonge négativement en un droit à cesser d’exister. (…) La médicalisation est parvenue à accroître l’espérance de vie et à différer considérablement son terme. La critique paradoxale de la médicalisation, à l’œuvre dans la promotion de l’euthanasie volontaire, raccourcit l’échéance, ce qui est une autre façon de prendre l’initiative. La nécessité de mourir est ainsi ramenée à une maîtrise, ou à une illusion de maîtrise, sur le moment, des circonstances et des conditions de l’ultime événement de l’existence. »

Professeure d’éthique et théologie morale, Marie-Jo Thiel reformule l’invitation à recevoir la vie et à accueillir la mort  : « La vie ne fait pas devenir tout-puissant. La recevoir, c’est donc consentir aussi à accueillir la mort, la finitude, la fragilité, cette porosité ontologique qu’est la vulnérabilité. Non seulement au moment de mourir, mais chaque jour de l’existence pour en faire une instance de créativité et de vie débordante. »

Alors que certains pays proposent aux personnes âgées le suicide médicalement assisté (SMA) tout en fermant nombre d’établissements d’accueil de ces personnes âgées « responsabilisées » pour vivre de manière « autonome » à la maison, elle met en garde quant au détournement de cette illusoire notion d’ « autonomie »: « Mais aujourd’hui, n’a-t-on pas l’impression que la figure tutélaire de l’Etat, de la technoscience combinée à l’économie des GAFAM, s’appuie sur cette autonomie pour mieux la détourner, en la figeant dans l’activisme managérial d’une consommation individualiste éperdue, sans plus se soucier de la communication perdue, des relations distendues ? »

Jean-Daniel Causse, professeur au département de psychanalyse de l’Université de Montpellier, rappelle que « dans un temps où rien n’échappe à la logique marchande, il importe de soutenir la dignité de ce qui n’appartient pas à l’utile, qui n’est l’instrument de rien » et invite à considérer l’acte de suicide comme pensable en tant qu’ « effort tragique d’instaurer ou de restaurer une existence soustraite à toute exigence de justification » – n’entrant dans « aucun critère d’utilité et d’efficacité », il « n’a pas d’autre raison que d’attester que la vie doit être saluée là où elle est sans raison ».

Au chevet de cet enjeu de santé publique, savoirs de connaissance et savoirs de spiritualité interrogent lors de ce colloque ce qui pourrait faire consolation et société en terre commune d’angoisse – lorsque le sujet présumé souverain en éprouve les impasses et les impensés, quelles que soient son identité, ses propriétés et ses « capabilités » à actualiser dans le laminoir postmoderne. Si l’avenir promis à tous est celui d’une liquidation universelle, est-il bien utile d’en devancer l’échéance ?

Frédéric Rognon (sous la direction de), Penser le suicide, Presses universitaires de Strasbourg, 252 p., 23€

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Les Français sont-ils bien dans leur assiette ? Alors que leur gastronomie est inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco, le « modèle agricole » hexagonal se révèle incapable de préserver tant l’emploi que la santé publique et d’assurer un revenu décent à nombre de producteurs exposés de surcroît aux « produits phytosanitaires » – terrible oxymore… Le végétarisme, le bio et la lutte contre le gaspillage peuvent-ils nourrir la planète ? Le dernier dossier d’Alternatives économiques, « Manger autrement – vers une alimentation durable », propose un état des lieux de la question alimentaire. Et interroge le lien entre alimentation et civilisation.

 

Qui depuis Hippocrate (« que ton aliment soit ta seule médecine »…) nierait que l’alimentation et la santé sont étroitement liés ? En ces temps de nourriture industrialisée et de marchandisation du vivant, nos pathologies tant individuelles que sociales peuvent-elles s’expliquer par notre exposition à des polluants aussi joyeusement variés que les perturbateurs endocriniens, pesticides, nanoparticules et autres substances étrangères, susceptibles de modifier notre système hormonal  et généreusement dispensées par les multinationales de l’agroalimentaire? Mais pourquoi tant de diablerie « phytosanitaire » partout ?

Si notre Terre, perturbée par les mutations climatiques et la surexploitation de ses ressources, ne tourne plus rond,  quelque chose non plus « ne tourne pas rond dans nos assiettes » constate Naïri Nahapétian dans le dossier d’Alternatives économiques réalisé à l’occasion du festival Alimenterre pour rappeler : « L’alimentation est un enjeu transversal, à la fois économique, social, sanitaire et environnemental, qui pose des questions de solidarité et de coopération internationale. »

 

Reconquérir la saveur de l’existence ?

 

Sous-alimentation au Sud et obésité au Nord seraient-elles les deux faces d’un modèle alimentaire aussi absurde qu’insoutenable ? La « mondialisation » a diffusé une vaste gamme d’aliments industriels transformés, dont l’excès de calories vides s’accompagne de carences nutritionnelles – et suscité une insécurité alimentaire croissante…

Dans ses Mémoires d’espoir (Plon, 1971), le général de Gaulle constatait : « N’étaient les aléas que comportent les intempéries, l’agriculture n’est plus que la mise en œuvre d’un appareillage automatique et motorisé en vue de productions étroitement normalisées »…

Catherine André rappelle qu’un « nombre croissant de producteurs et de cuisiniers s’engagent dans la reconquête du plaisir de manger », indissociable de « la nécessité de repenser nos modes de production et de consommation ». L’arrivée de la nouvelle génération d’agriculteurs sonnera-t-il le glas d’une production standardisée et sans saveur ?

Lorsque « cinq grands groupes semenciers s’accaparent aujourd’hui le vivant », comment rebâtir de nouvelles pratiques pour « manger juste » ? L’enseignement agricole sera-t-il le vecteur privilégié de transformation des pratiques actuelles des exploitants ? Et la restauration collective sera-t-elle à la hauteur des enjeux environnementaux, sociaux, économiques et territoriaux à honorer ?

Pour Bleuenn Le Sauze, le scénario Afterres 2050 pourrait permettre à l’agriculture de mieux nous nourrir, de préserver notre santé et notre environnement et de fournir de l’énergie en rapprochant bassins de production et de consommation tout en divisant les émissions de gaz à effet de serre par deux.

Du Nord au Sud, des initiatives essaiment pour donner à tous accès à des produits de qualité, frais et variés et remédier à la précarité alimentaire et rompre le cercle vicieux de la mauvaise nutrition générant l’accroissement des dépenses de santé ainsi que le rappelle Anne Dhoquois : « En 2016, selon une étude du ministère de la Santé, les crédits de l’Etat dédiés à l’aide alimentaire s’élevaient à près de 34,7 millions d’euros. Une enveloppe qui finance notamment les banques alimentaires, premier réseau d’aide alimentaire en France, qui distribue chaque année, via ses 5 400 associations et centres communaux d’action sociale (CCAS) partenaires, 212 millions de repas à 2 millions de personnes démunies. »

Sans oublier les circuits courts comme les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) ou l’association « Vers un réseau d’achat en commun » (Vrac)… Et les alternatives mises sur pied par des consommateurs décidés à devenir leurs propres vendeurs comme Supercoop à Bordeaux.

Si la mobilisation des consommateurs permet de remporter certaines batailles et de porter certains sujets sur la place publique, le fort lobbying de l’industrie agroalimentaire continue à peser comme une pierre sur l’estomac des consommateurs. « Au final, peut-on parler de lobbying citoyen ? » interroge Bénédicte Weiss. Et peut-on éviter les OGM dont la question de leurs conséquences sur la santé humaine ne fait toujours pas consensus ?

Les scandales alimentaires en série qui font couler tant d’encre mettent en lumière la nécessité de renforcer encore et toujours la surveillance d’une filière alimentaire mondialisée qui inspire de plus en plus de défiance. Sans oublier le vin français qui peine à décrocher des pesticides – des viticulteurs en font les frais en première ligne… Cela changera-t-il vraiment lorsque les professionnels de la filière rencontreront des problèmes conséquents à l’export ?

S’il faut réduire sa consommation de produits carnés pour d’évidentes raisons de mauvais rendement énergétique, les insectes sont-ils une alternative ? Bien moins gourmands en eau et en sol que l’élevage conventionnel, ils ne permettent pas pour autant de bâtir un « système durable », selon Eva Mignot : « Comme pour la viande ou le poisson, la production d’insectes pourrait ne bénéficier qu’à un petit nombre d’individus (…) Surtout, comme le rappelle le Programme alimentaire mondial (PAM), nous produisons bien assez pour nourrir les sept milliards d’humains de la planète et la Terre est capable d’en alimenter plus de 12 milliards. C’est une combinaison de plusieurs facteurs et d’acteurs économiques qui freine l’accès des plus pauvres à la nourriture. »

Retour au « réel » – qui n’est pas le même pour tous… Pour l’heure, toute prise de conscience ou mise en garde se heurte encore à des intérêts puissants qui se sont allègrement affranchis de tous « repères éthiques »… Et toute tentative de changement de pratique se heurte au mur d’argent de cette « fabrique du diable » dénoncée par le Dr Dominique Belpomme.

Tant que la « présomption d’innocence » bénéficiera aux multinationales de l’agroalimentaire et que persistera le déni des « pouvoirs publics » se refusant à aborder les problèmes de santé autrement que sous l’angle financier, la « confiance » citoyenne s’érodera sous l’inexorable déversement de toxiques sur notre planète ainsi que sur la non moins inexorable dégradation du contexte social et de notre milieu de vie en résultant… L’humanité ne s’est-elle pas éveillée à la conscience d’elle-même en domestiquant sa subsistance ? Au-delà de la valeur de ce que nous mettons dans notre assiette, c’est la relation nourricière entre notre espèce et sa planète qui est interpellée alors que l’industrie nous mitonne le « meilleur des mondes nutritifs » – jusqu’à nous transférer l’insoutenable charge individuelle et sociale de pathologies souvent invalidantes ou fatales. La qualité de notre alimentation participe d’une approche préventive contre ce qui est baptisé « cancer » – et représente la première cause de mortalité dans nos sociétés gavées de produits dénaturés voire ultratransformés sans égard pour notre santé.

Manger Autrement – Vers une alimentation durable, Les Dossiers d’Alternatives économiques n°11, 98 p., 9,50 €

 

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Pour le Pr. Dominique Belpomme, l’origine environnementale de la plupart des affections et maladies graves qui nous frappent ne fait plus aucun doute…

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Cancérologue bien connu et président de l’Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac), le Pr. Dominique Belpomme estime que l’accroissement du nombre de maladies graves (dont les cancers ainsi que des maladies dégénératives) vient de la dégradation accélérée de l’environnement dans les pays fortement industrialisés – donc « a priori pollués »…

Ainsi, nos pathologies peuvent s’expliquer par notre exposition à des polluants variés comme les perturbateurs endocriniens (ces « substances étrangères produisant dans l’organisme des effets délétères en raison d’une modification du système hormonal »), les pesticides, les particules fines et nanoparticules dans les poussières ou les métaux lourds comme le mercure des amalgames dentaires ou le plomb dans l’eau de boisson. Sans oublier les vaccins avec leurs adjuvants aluminiques dont l’utilisation a été rendue obligatoire « alors même que leur efficacité et leur innocuité n’avaient pas été sérieusement éprouvées ». Et que dire du « rôle mutagène et cancérigène des champs électromagnétiques », mis en évidence dès 1984 par les travaux du Dr. Roger Santini ?

 

La maladie d’Alzheimer : vieillesse « naturelle » ou exposition à l’environnement ?

 

Pour le Pr. Belpomme, « l’exposition prolongée à des champs électromagnétiques de basses ou extrêmement basses fréquences est, comme pour le cancer, un facteur de risques potentiellement impliqué dans la genèse de la maladie ». D’ailleurs, les compagnies d’assurance sont tellement persuadées de leur nocivité qu’elles refusent (comme elles l’avaient fait jadis pour l’amiante), de couvrir les risques liés à l’exposition aux radiofréquences…

Par ailleurs, il apparaît « de plus en plus évident que la maladie d’Alzheimer n’est pas à proprement parler une maladie de la vieillesse comme on l’affirme encore trop souvent, mais en réalité elle aussi, une maladie de l’environnement où interviendraient, comme dans le modèle cancer, des agents physiques, chimiques et peut-être microbiens »…

S’est-on préoccupé à ce jour de savoir si le « vieillissement biologique naturel des tissus » est vraiment en cause dans cette maladie ? Ne faudrait-il pas plutôt prendre en compte une « longue période d’exposition à des polluants environnementaux » ?

Au nombre de ces polluants, le rôle du mercure, « métal extrêmement toxique pour le système nerveux » et présent dans les amalgames dentaires comme dans les poissons contaminés, a pu être prouvé : « l’exposition à de faibles doses de mercure reproduit les lésions cellulaires caractéristiques de la maladie, en particulier les fameuses plaques amyloïdes et la dégénérescence neurofibrillaire ».

De surcroît, les champs électromagnétiques sont « capables de créer des courants électriques en bouche qui, en raison de l’érosion du métal qu’ils provoquent, génèrent des vapeurs de mercure » – ces dernières « passent la barrière hémato-encéphalique destinés à protéger les neurones des agents toxiques présents dans le sang »…

 

La « fabrique du diable »

 

Pour le cancérologue, le diable se manifeste par la création et la dissémination dans la nature des polluants physico-chimiques, par la « transformation de micro-organismes naturels en agents malfaisants » et la fabrication de médicaments dont certains se révèlent néfastes en raison des effets secondaires qu’ils provoquent : « Dans le contexte économique actuel, c’est donc la marchandisation du vivant qui est en cause et finalement le principe moral sur lequel repose l’exercice médical depuis Hippocrate »…

Mais toute mise en garde se heurte à des intérêts puissants qui se sont allègrement affranchis de tous « repères éthiques » et au mur d’argent de cette « fabrique du diable » : en dépit des dommages constatés jusqu’à ce jour, cette dernière arrive encore à nous vendre ses gadgets de destruction massive (smartphones, tablettes, etc.) et à nous convaincre de les utiliser sans limites comme s’ils nous étaient indispensables…

Ces « facteurs environnementaux structuraux » peuvent expliquer aussi la « décroissance de fertilité observée dans les pays riches »… Ainsi que des pandémies virales comme la grippe aviaire, liées aux conditions de stress dans « l’espace contingenté des élevages en batterie, à l’utilisation de nourritures artificielles et au dopage chimique et productiviste très éloigné des conditions de vie naturelle » – ainsi favorise-t-on chez les animaux d’élevage « l’émergence d’un déficit immunitaire capable d’entraîner la prolifération et la mutation du virus et par conséquent l’exacerbation de sa violence »…

 

Pour une prévention environnementale

 

Le Pr. Belpomme propose de mettre en place une véritable « prévention environnementale », basée sur le principe de précaution « lorsque le risque est présumé grave ». Il s’agit tout à la fois de « protéger les personnes exposés aux agents toxiques présents dans l’environnement et éviter que ces agents polluent l’environnement ».

Cela commence par le choix du lieu de vie : ne pas s’installer à proximité d’une voie à grande circulation, d’un garage ou d’une station à essence, d’un aérodrome, d’un incinérateur, d’une antenne relais, d’un pylône ni bien entendu d’une zone industrielle…

On pourrait préférer une zone rurale, mais loin d’une zone d’agriculture intensive, des antennes relais dissimulées dans les forêts ou les clochers, des lignes à haute ou très haute tension, etc.

Il faudrait éviter la pollution de l’air intérieur, préférer une cuisinière à gaz ou en vitrocéramique aux plaques à induction, les ampoules à filament à celles dites « à basse consommation » – et s’assurer que toutes les prises de courant sont mises à la terre, etc.

Evidemment, on réduira la téléphonie mobile au profit du filaire, on préférera la connexion par câble au Wi-Fi, sachant qu’en matière de champs électromagnétiques, « toutes les expositions s’additionnent les unes aux autres voire se potentialisent entre elles au plan biologique » (Wi-Fi, WiMax, téléphone portable, DECT, console de jeu, ordinateur, tablette, télévision, réveil électronique, plaques à induction, ampoules à basse consommation, etc.)

Tant que la « présomption d’innocence » bénéficiera aux industriels, opérateurs ou sociétés pharmaceutiques et que persistera le déni des pouvoirs publics se refusant à aborder les problèmes de santé autrement que sous l’angle financier, la « confiance » citoyenne s’érodera jusqu’à la consommation finale de cette indigeste toxic story dans l’inexorable dégradation du contexte social et de notre milieu de vie où seules prospéreront les maladies en résultant…

Pr Dominique Belpomme, Comment naissent les maladies… et que faire pour rester en bonne santé, Les Liens qui libèrent, 432 p., 23,80 €

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TONIC200Dernières nouvelles de « l’Enfer vert » qu’on nous mitonne au nom de la « transition énergétique » : la loi du 18 août 2015 instaure sur le territoire français le remplacement à marche forcée de 35 millions de compteurs électriques bleus par le Linky dit « intelligent » – et radiatif… Des associations dénoncent un désastre industriel, financier, sanitaire et technique. La fronde n’en finit pas de s’étendre dans l’Hexagone…

 

L’homme est-il encore chez lui dans sa maison ? Il semblerait bien que l’humain d’ici ne soit plus le bienvenu dans sa demeure. Sera-t-il bientôt chassé de son « foyer » envahi de gadgets connectés et radiatifs ? Devra-t-il laisser sa maison derrière lui quand elle sera infestée de cafards électroniques et d’autres mouchards qui lui rendront la vie impossible sous prétexte de la lui « faciliter » ? L’homme ne serait-il plus maître « chez lui » parce que sa maison serait de plus en plus « intelligente » ? Ainsi en ont décidé ceux à qui nous n’avons absolument rien demandé et dont le délire pourrait bien menacer jusqu’à notre vie…

Rappel des faits : suite à la loi dite de « transition énergétique » promulguée le 18 août 2015, le nouveau compteur « communicant LInky sera déployé sans concertation dans chaque foyer jusqu’en 2021 à raison de 8000 compteurs posés par jour « en remplacement » de nos bons vieux compteurs bleus qui marchent si bien… Ce déploiement commencé de façon bien expéditive, semble-t-il, aurait été subitement accéléré à raison de 40 000 compteurs par jour…

Quelle nécessité, voire quelle urgence y-a-t-il à procéder à ce « grand remplacement » accéléré, au nom de quels « intérêts » ? Qui veut nous connecter de force ?

Parce que nous serions sommés de nous plier à la « révolution numérique » décidée sans nous – et contre nous ? Pour les rentiers de cette « révolution », la source de profit, rappelle le groupe Pièces et main d’œuvre de Grenoble (là où sont fabriqués les Linky…), se trouve dans les données que nous produisons à tout moment par notre activité numérique qui permettent aux entreprises de vendre produits et services à la bonne personne au bon moment » (1). Rien que ça ? Il s’agirait juste d’exploiter nos données, ce nouvel or noir du XXIe siècle, pour prévenir nos désirs et nous créer des besoins, surtout ceux que nous n’avons pas ?

 

 

Le Linky c’est bon pour la santé !

 

Au-delà du délire de pilotage automatisé de la ville (smart city) et de la planète (smart planet), il y a la question de la santé publique, allègrement évacuée par les technolâtres dealers de cette came électronique qui nous pollue : le tout-connecté épaissit davantage encore le brouillard électromagnétique dans nos cités.

Quand la propagande soutient : « Linky émet 150 fois moins d’ondes qu’une lampe basse consommation », Pièces et main d’œuvre rappelle toute la portée de cette insulte à l’intelligence – une de plus : « Même un ingénieur peut comprendre qu’il n’est pas question d’installer LInky à la place des lampes, mais en plus : de l’ajouter à la pollution ambiante (…) Il faut réduire le poids total des pollutions (en millions de tonnes), et de la consommation de ressources et d’énergie. C’est simple à comprendre : « plus de voitures moins polluantes » égale « plus de pollution », égale « arnaque » (1)…

En d’autres termes, à chaque gadget « connecté » de plus at sweet home, c’est l’exposition à la pollution qui augmente …

Le « consommateur » qui n’a absolument rien demandé pourrait bien payer de sa santé le « remplacement gratuit » de son compteur bleu ainsi que le rappelle Annie Lobé dans la lettre recommandée qu’elle a envoyée à la présidence de la République : Le Linky injecterait dans les circuits électriques des fréquences radio dites CPL (Courant porteur en ligne) reconnues comme « potentiellement cancérigènes » (catégorie 2B) par le Centre international de Recherche sur le Cancer qui dépend de l’OMS dans son communiqué du 31 mai 2011, confirmé par la monographie n°102 parue en 2013 (http ://www.santepublique-editions.fr).

Son fonctionnement exigerait l’implantation de « bon nombre » de postes de transformation (concentrateurs) équipés d’ordinateurs et d’antennes-relais GPRS émettant des micro-ondes pratiquement à hauteur d’homme – on parle de 700 000 : les cas d’electrosensibilité et de cancers pourraient-ils exploser en conséquence ?

L’Observatoire du nucléaire recommande aux Français de prendre soin de la « santé publique » en refusant l’installation du LInky et en notifiant leur refus aux conseils municipaux – à ce jour près de 200 communes l’ont refusé.

Mais le président de l’Association des maires de France (AMF), pourtant alerté par Annie Lobé, leur a adressé un document prétendant « illégales » les décisions des municipalités n’allant pas dans le sens des intérêts de la filière nucléaire…

Devant l’émoi soulevé par le déploiement à marche forcée du Linky, la Direction générale de la Santé a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui rendre ses conclusions à la fin de l’année. Alors, pourquoi cette précipitation à remplacer nos compteurs bleus avant les conclusions de l’Anses ?

 

Le Linky c’est bon pour la France !

 

Conçue en 2006, avant les smartphones, la technologie du Linky s’avèrerait d’ores et déjà obsolète : les câbles, fils et appareils électriques d’un réseau mal entretenu (faute d’investissements RTE suffisants) ne sont pas prévus pour transporter ces radiofréquences. Ce qui déclencherait des pannes et des incendies d’un genre nouveau dans les équipements domestiques : lors des expérimentations menées en Indre-et-Loire et en région lyonnaise en 2010, 8 incendies auraient ainsi été déclenchés en quelques semaines sans compter les pannes répétées de réfrigérateurs, d’ordinateurs ou de téléviseurs qui se soldent par de lourdes réparations – à la charge des victimes, bien évidemment…

Actuellement, en France, on en serait à 60 000 incendies d’origine électrique (dus à des « points de chauffe » sur les circuits électriques de 50 hertz) survenus dans les logements – ils auraient coûté la vie à 200 personnes et blessé 4000 autres… L’injection de radiofréquences dans les circuits démultipliera-t-il le nombre de ces incendies « d’origine électrique » ?

Dans son rapport d’enquête sur les Linky déjà posés à titre expérimental, le Syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire indique que 19% des particuliers ont été confrontés à des problèmes de disjonctions à répétition, 4% à des soucis d’appareils grillés, de dysfonctionnement de la programmation du chauffage et d’embrasement du compteur et 5% ont vu leur facture gonfler..

L’opérateur EDF en est tellement conscient, souligne Annie Lobé, qu’il s’exonère de toute responsabilité ainsi que sa filiale ERDF (rebaptisée à grands frais Energis), dans ses conditions de vente en cas d’incendie ou de panne… Pour les commerçants, les TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises), les risques encourus pourraient osciller de la perte de marchandises jusqu’à la faillite – sans oublier les problèmes de santé… Donc, en cas d’incendie provoqué par le Linky ou par les radiofréquences injectées par lui dans nos câbles, fils et appareils électriques qui ne sont pas blindées contre elles, il incombe à la victime de prouver la responsabilité d’ERDF dans les « vingt jours calendaires »… Soit double peine pour les victimes et impunité assurée « légalement » pour les responsables-mais-pas-coupables…

Pour les associations (Next Up, Observatoire du nucléaire, Priartem, Robin des Toits) qui suivent « l’affaire » depuis le début, il s’agit rien moins que d’une « mise en péril délibérée de l’économie française toute entière » et de la vie des Français : ces « décideurs » et « représentants du peuple » qui ont promulgué cette loi instaurant le LInky (en dépit de tous les avertissements reçus au sujet des risques qu’ils feraient encourir à la population…) ne seraient-ils pas devenus civilement responsables des dégâts et décès consécutifs à ces incendies ou de l’épidémie de cancers à venir ?

Depuis… un bail, les associations dénoncent ce désastre industriel, ce gâchis financier, sanitaire et technique – ainsi que cette « logique de dilapidation » insensée : le remplacement de 35 millions de compteurs qui fonctionnent parfaitement, d’une durée de vie de 60 ans par des Linky (durée de vie 10-15 ans) est estimé pour l’instant entre 5 et 7 milliards… En d’autres termes : quand tous les « foyers » seront pris dans la nasse électronique interconnectée, le Linly sera obsolète et il faudra alors tout recommencer 10 ans après !

On n’ose imaginer le surcoût écologique de ces 35 millions de compteurs mis à la casse (mais où ?) par décision de ces « responsables-mais-pas-coupables » pressés de fracasser notre Titanic contre l’iceberg numérique… Ni faire le compte de ces substances toxiques utilisées pour fabriquer ce Linky ou nos smartphones tant bichonnés…

 

 

Vous avez dit « économies d’énergie » ?

 

D’abord, qui paie pour ce « grand remplacement » non souhaité alors que l’entreprise publique d’électricité avoue une « équation financière difficile » ?

C’est une règle bien connue par nos grands « amis » les phynanciers qui nous font danser sur leur musique au-dessus du volcan : « quand vous ne savez pas qui est le pigeon, ne cherchez pas plus loin : c’est vous ! »…

On nous dit que la mise en place de la nouvelle infrastructure (centrale de données, compteurs, réseau de communication) sera payée par « les économies sur la relève des compteurs » : plus besoin de personnel pour venir relever votre consommation effective puisque le compteur est « consultable à distance » et « gérable » – 4200 emplois ont été supprimés…

Avec Linky, « on » peut vous couper l’électricité à distance et vous surfacturer– c’est bien « la solution » envisagée … Rappel de Pièces et main d’œuvre : « Les milliards de relevés opérés chaque année par Linky et les montagnes de données à traiter consommeront infiniment plus que tout ce que vous pourrez économiser en obéissant à votre compteur numérique. » (1)

Pour UFC-Que Choisir, c’est bel et bien le consommateur qui va payer pour le LInky. Et sur toute la ligne, si on peut dire… Car les consommations « effacées à distance » par le système Linky ne seront pas déduites le moins du monde de la facture du client : son usage et celui du système de communication est si énergivore qu’il se traduit immanquablement par une surconsommation d’électricité – et de surcroît par une surfacturation là où ces Linky ont été installés : qui sont les « fraudeurs » ?  Le dit usager sera-t-il irradié et grugé pour le plus grand « profit » de « son » si cher distributeur à qui il ne demandait jusqu’alors rien d’autre que de lui distribuer du courant sans faire d’histoires ?

Si « on » veut vraiment diminuer les consommations d’énergie, il suffirait, au contraire, de refuser de s’encombrer de gadgets électroniques et d’écrans qui polluent nos demeures. De bannir les nuisances de la maison au lieu d’en rajouter sans cesse à la pollution électromagnétique ambiante avec des compteurs « communicants » de plus pour l’électricité, l’eau, le gaz – et d’avoir à les « gérer » de surcroît …

N’avons-nous pas autre chose à faire de notre vie qu’à « gérer » des gadgets qui se « connectent » entre eux ?

Autant prévenir cette hémorragie en refusant le « remplacement gratuit » de votre compteur : « Mon assureur m’a fait savoir qu’il refuse d’assurer ce risque. Alors, au nom de quoi devrais-je le prendre ? Le principe de précaution, vous connaissez ? »…

 

Linky c’est bon pour l’intimité !

 

Aujourd’hui, votre cher opérateur sait déjà tout de vous et de vos petites habitudes (pour ne pas en dire plus…) dès l’instant où vous lui aurez donné accès à votre intérieur : le bon « éco-citoyen » de la smart city radieuse n’est-il pas un citoyen « connecté », si prévisible sous son meilleur « profil » ? En acceptant chez vous ce que nos confrères de La Décroissance appellent « la saloperie que nous n’achèterons jamais », vous vous livrez à la meute qui piaffe au seuil d’un juteux marché : celui de la maison « intelligente »…

« Avant d’avoir posé le premier compteur LInky, rappelle le groupe Pièces et main d’œuvre, ERDF avait déjà signé un partenariat avec le fabricant de matériel électrique Legrand dès 2012 pour développer des solutions « Linky ready » pour les consommateurs »… Mais que vont devenir, dans ce meilleur des mondes by Linky, toutes les données captées ? Feront-elles de chacun de nous des proies pour d’autres prédateurs encore plus mal intentionnés au sommet de cette vertigineuse chaîne alimentaire « numérique » ?

Par compteur « intelligent » il faut d’abord comprendre, rappelle l’historien François Jarrige dans La Décroissance, « intelligence service » au sens de « renseignement » ou information exploitable au profit de diverses officines ou bandes organisées plutôt que celui de « faculté  humaine » susceptible de rendre le monde meilleur… Dans ce meilleur des mondes si « intelligent » où l’existence de chacun sera semblable à celle d’un menu gibier le jour de l’ouverture de la chasse, les cambriolages que vous subirez ne tiendront même plus de la plus aléatoire des petites musiques du « hasard mais seront bel et bien imputables à ce « machin » machinique entré chez vous par force ou effraction  …

Que deviendront tous ceux qui ne veulent ni « détecteur de présence », ni capteur design pour mesurer la moindre de leur consommation voire leur taux de cholestérol ? L’ « enfer vert » se travestit de fausses « bonnes intentions » pour mieux s’introduire dans nos foyers et faire avancer le désert sous nos pas. Dans la ville de demain, l’homme ne pourra plus respirer librement dans sa maison – ce sera elle qui le respirera avant de le débrancher parce qu’il le veau bien, faute d’avoir exercé son humanité…

Jusqu’à ce jour, le seul gadget connecté obligatoire est le bracelet électronique que l’on met à ceux qui sont censés purger une « peine » après un délit… Mais diable quel délit ont commis tous les Français condamnés (par qui ?) au compteur « communicant »? Quelles perversions et quelles turpitudes doivent expier tous ceux qui doivent endurer la pollution de tous ces gadgets « connectés » que l' »on » s’acharne à fabriquer sans nous demander le moins du monde si nous avons envie de les acheter ?

La ville de demain arrive si vite : l’homme y aura-t-il encore sa place dans sa maison devenue trop « intelligente » pour lui ? Y aura-t-il encore de la place pour tous ceux qui voudront juste vivre tranquilles, le plus simplement du monde, sans gadgets aussi nuisibles qu’inutiles à « gérer » ? La maison « intelligente » de l’homme sera-t-elle sa déroute, sa ruine – et son extinction?

 

 

 

  1. Piecesetmaindoeuvre.com

 

www.observatoire-du-nucleaire.org

Priartem.fr

www.robinsdestoits.org

next-up.org

santepublique-editions.fr

 

cf. le mensuel Tonic n°200 (mars 2016) et 204 (juillet-août 2016)

 

 

 

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De nos jours, trop de polluants indésirables dénaturent une eau potable qui se privatise à vue d’œil dans un monde où se dissolvent l’éthique et l’esprit de conservation de la vie… Un chercheur indépendant propose d’essayer un système approprié de purification…

 

Au commencement, l’eau tombait librement des nuages du ciel et jaillissait impétueusement des sources dans les collines… Le commencement des commencements, c’était il y a 4 milliards d’années, au-dessus des grandes houles d’un océan primitif : le scénario de nos origines serait écrit dans l’enceinte de gouttes d’eau tombées de ce ciel de grand commencements – des perles d’eau, porteuses de l’étincelle de la vie – et d’une énergie créatrice de mondes ? Mais ça, c’était hier. Demain, c’est-à-dire d’ici à 2025, les experts nous prédisent que notre monde de perdition souffrira de toutes les pauvretés – dont la pauvreté hydrologique…

Comme l’écrivait Gaston Bachelard (1884-1962), « partout autour de nous s’étend la peine de l’eau »… Chercheur indépendant et spécialiste reconnu de l’eau, Richard Haas rappelle ses bienfaits – et aussi ce qui menace tant sa qualité sanitaire que la poésie qu’elle inspire, à commencer par les convoitises qu’elle suscite et exacerbe : « Après le pétrole et l’électricité, notre or bleu représente actuellement la troisième plus grosse industrie mondiale » – et « pratiquement déjà la première ressource de profits »…

Normal : sur notre belle planète bleue infestée de tant d’avidités, n’y aura-t-il pas de plus en plus de monde pour se « partager » ( ?) cette précieuse ressource qui se raréfie vertigineusement? Mais nous préférons regarder ailleurs, dans la salle de fêtes aux reflets si chavirants dont les horloges se sont arrêtées…

 

 

Planète Eau, mondialisation et purification…

 

C’est bien connu : le climat n’en finit pas de se détraquer, la sécheresse gagne du terrain et la consommation d’une eau marchandisée pourrait bien dépasser les ressources naturelles disponibles… L’état des lieux que dresse Richard Haas est pour le moins inquiétant, compte tenu des enjeux de santé publique posés par l’accès à une eau saine.

D’abord, chaque année en France, « pas moins de 400 captages d’eau potable sont fermés, essentiellement pour des raisons de pollutions agricoles, ce qui veut dire qu’à chaque fois, on enfouit un problème supplémentaire sans le régler » – notre pays est le premier utilisateur de pesticides en Europe et a multiplié par cinq la « concentration maximale autorisée des seuils de potabilité en vigueur jusque là » de ces substances dans l’eau de robinet…

Après avoir décrit « l’effet cocktail » (la multiplication des effets toxiques secondaires de dizaines de polluants présents dans l’eau potable ), Richard Haas rappelle une évidence perdue de vue depuis longtemps : « Une eau est faite pour nous nettoyer. Elle vaut bien plus pour ce qu’elle emporte que pour ce qu’elle nous apporte ».

Ainsi, la minéralisation de l’eau Cristaline alsacienne « Metzeral », avec un résidu sec inférieur à 50 mg/l, peut être considérée comme excellente par rapport à une autre du même groupe qui affiche 480 mg/l – le groupe Roxane compte 22 sources différentes réparties dans l’Hexagone…

Autre rappel : « L’homme est une véritable colonne d’eau. Après l’eau, nous sommes des ions de sels, des lipides, des protéines et des acides aminés qui chélatent les ions pour mieux les absorber. Nous sommes constamment, jour et nuit et 365 jours par an, traversés par des ions pour mieux les absorber ».

En somme, l’homme est un être hydrique, l’eau constitue l’essentiel de sa matière intime… Si l’ancienne économie a été irriguée par le pétrole, la nouvelle économie le sera-t-elle par les hydrodollars ?

Autant être vigilant sur la qualité de l’eau que nous consommons – histoire de nous assurer de la qualité de notre eau intérieure …

 

L’eau, l’information et la filtration…

 

Si l’offre d’appareils de purification ou de dynamisation de l’eau est pléthorique, Richard Haas se réfère aux travaux de Louis-Claude Vincent (1906-1988), ingénieur des travaux d’hygiène publique, spécialiste en hydrologie et créateur de la bioélectronique qui porte son nom. Il recommande de boire de « l’eau osmosée » aux normes de la bioélectronique Vincent (BEV) et d’adopter le procédé d’osmose inverse – « le plus abouti de tous les systèmes de filtration » qui extrait un maximum de polluants de l’eau : « Le procédé d’osmose inverse consiste à presser l’eau de distribution à travers une membrane semi-perméable qui ne laisse passer que les molécules d’eau, quelques oligo-éléments et de très rares minéraux. La retenue d’une bonne membrane se situe entre 95 et 98% aussi bien pour les minéraux que pour tous les éléments indésirables. Ce procédé peut être comparé à l’épuration qu’effectuent nos reins. ».

Afin d’investir dans l’appareil d’osmose inverse le plus adapté, le lecteur pourra d’abord demander un « bioélectronigramme » de l’eau de sa ville. Richard Haas recommande le Kollitor, « la Rolls des vortexeurs » – le vortex est ce tourbillon que l’on observe pendant l’écoulement d’un évier dont la rotation engendre un « océan d’énergie » de nature à purifier et dynamiser l’eau…

Si la crise de « l’or noir » et de l’énergie nous marque depuis la fin du XXe siècle, celle, imminente, de « l’or bleu » pourrait bien nous rappeler que son prix est tout simplement celui de notre survie. Depuis l’étincelle originelle apparue dans un nuage voilà 4 milliards d’années, l’eau demeure l’irremplaçable source d’énergie vitale à préserver – et chacune de ses gouttes pourrait bien être le laboratoire ultime de la vie.

On ne sera pas étonné d’apprendre que le livre du « lanceur d’alerte » n’a pas eu « les honneurs » de l’ombre d’une « recension » dans les deux quotidiens de sa région – dont on connaît la complaisante promptitude de certains « journalistes » à frétiller au garde-à-vous devant les derniers « événementiels » d’une blogueuse prépubère, d’une starlette porno locale ou d’un VIP… L’eau et l’information n’ont pas de prix, de part et d’autre du miroir, et le calcul de leur « valeur » n’est plus à faire quand le respect de la vie a été abrogé… La première a été détournée en « bien rentable » dans un monde plein de pauvreté – alors qu’on espérait depuis des siècles un paradis de prospérité, d’abondance et d’harmonie… La seconde s’évaporerait-elle avec les capacités des systèmes naturels et socio-économique à faire face au cauchemar annoncé ?

 

Le Phénix déshydraté…

 

Richard Haas, Comment purifier et revitaliser votre eau de table, éditions Chariot d’Or, 240 p., 12 €

 

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Ces ondes de mort…

La vie serait-elle un phénomène de nature électro-sensible et notre corps une antenne ? Cela expliquerait-il le nombre croissant d’allergies aux champs électromagnétiques produites par les nouvelles technologies sans fil ? Si les recherches sur les maladies émergentes prennent en compte l’intoxication chimique, notamment par les métaux lourds, « le référentiel électromagnétique n’est pas encore intégré à la démarche » médicale, ainsi que le rappelle l’ouvrage du Dr Gérard Dieuzaide.

Peut-on concilier addiction aux « nouvelles technologies » sans fil, antennes-relais de téléphonie mobile, wifi et santé publique ? Quels sont les effets sur la santé des champs et ondes électromagnétiques ?

Le Dr Gérard Dieuzaide, chirurgien-dentiste diplômé de posturologie, a contribué au film documentaire Les sacrifiés des ondes (réalisé par Jean-Yves Billen) et publié Libérez-vous de ces matières parasites (éditions Trédaniel), un premier livre consacré aux effets vibratoires de certaines matières posées en bouche lors de soins dentaires. Dans l’exercice de son métier, il a constaté une « montée sans précédent des troubles liés aux nuisances électromagnétiques ». Après avoir étudié la réalité électromagnétique du corps (« chaque individu dispose d’un système oscillatoire qui lui est propre, qui serait comme une signature personnelle »), il invite à s’interroger sur les « conséquences des interactions électromagnétiques environnementales sur le génome humain ». Il recommande tout particulièrement à ses confrères de ne plus mettre d’alliage métallique dentaire dans la bouche de ses patients « car ils génèrent un syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques ».

Finis, les « plombages » – en fait, des amalgames à base de métaux en poudre et de mercure liquide ? Mais les nouvelles matières posées dans la bouche (composites, zircone ou autres céramiques) peuvent aussi « renvoyer un écho électromagnétique toxique » – car, en dentisterie moderne, « les qualités techniques priment sur les qualités de biocompatibilité »…

Et nombre de matières (bijoux, piercing, lunettes, etc.) dans notre quotidien peuvent induire une électrosensibilité du matin au soir : « Du jour de notre naissance, jusqu’au jour de notre mort, les moments où nos organismes auront pu se reposer de ses messages toxiques sont rarissimes »…

 

« Nouvelle donne environnementale » et « négationnisme »…

Voilà une génération déjà, le journaliste scientifique Paul Brodeur et écrivain alertait contre la pollution magnétique dans son livre-événement, Les courants de la mort (1989, traduit chez Robert Laffont) – il avait déjà alerté contre l’amiante dans les sweet sixities puis contre la destruction de la couche d’ozone par les produits chimiques…

La « vie moderne » et la fuite en avant technologique nous valent une invasion de gadgets électroniques induisant une nouvelle donne environnementale – voire une puissante déferlante de nuisances telles que fybromyalgie, fatigue chronique, maux de tête, troubles du sommeil et troubles neurovégétatifs si ce n’est cancers… Qui n’a pas déjà entendu parler de l’électro-hypersensibilité, cette maladie handicapante produite, semble-t-il, par ces « merveilleuses » technologies sans fil ? Il court, il court, ce mal invisible appelé EHS – et la contagion s’étend… Les travaux de l’ARTAC (Association pur la recherche thérapeutique anticancéreuse), sous la direction du professeur Dominique Belpomme, montrent le caractère fatal de la rencontre entre les champs électromagnétiques environnementaux naturels ou artificiels (CEM) avec la matière vivante – ils ouvrent notamment, tout comme les pesticides et autres composés organiques volatiles, la barrière hémato-encéphalique (BHE) qui protège le cerveau des agents pathogènes circulant dans le sang : « L’ouverture de ce filtre séparateur permet aux toxines, agents pathogènes et autres métaux lourds présents dans la circulation sanguine de pénétrer plus facilement dans le cerveau »… Sans oublier les conséquences sur d’autres barrières comme la barrière hémato-oculaire (qui protège les yeux) , hémato-placentaire (qui protège le fœtus), hémato-entérique (qui protège le système digestif) et hémato-testiculaire (qui protège le développement du sperme).

Depuis deux décennies, les radiations des téléphones portables « perturbent les communications au sein des membranes cellulaires, parasitant la communication entre les cellules et notre ADN ». Or, selon le professeur Belpomme, le nombre de victimes de ces nuisances serait largement sous-estimé alors que les chiffres devraient interpeller : 2 millions de fibromyalgiques, 1 million de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer – sans oublier les enfants souffrant d’autisme ou de troubles psychiques… Le spécialiste de l’électrosensibilité constate une « augmentation constante du nombre de malades atteints par la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et bien d’autres maladies neuro-dégénératives, une explosion de cancers »…

Alors que nos vies sont condamnées à baigner dans un électrosmog de plus en plus épais, le « négationnisme » électromagnétique est-il encore tenable ? Il y a péril en notre demeure terrestre (elle brûle et « nous regardons ailleurs »…) et nous nous laissons entraîner dans une fuite en avant vers l’abîme, menée au nom d’un fondamentalisme technologique supposé pourvoyeur de « profits » et d’une « compétition » entre grandes entreprises vers toujours plus rapide – « comme si ces quelques dixièmes de secondes gagnées étaient un impératif vital »… Tant que prospèrent nos addictions à cet intégrisme technologique en folie, la maladie de l’électrosensibilité s’étend inexorablement à tout le vivant…

 

Apprivoiser les ondes ?

 

Le livre du Dr Dieuzaide n’en est pas pour autant avare de solutions pour réduire notre intoxication : feuille de mica, plaques de lépidolite, hématite, pierres ou pyramides de shungite, tourmaline, cages de Faraday, tissus de protection ou plantes. Au nombre de ces dernières, la lavande (utilisable en huile essentielle) ou certains cactus d’Amérique centrale (Cervus peruvianus) ou d’Afrique du Sud (Crassula ovata)…

La lutte contre les nuisances énergétiques peut prendre une autre dimension vibratoire avec la musique (procédé Bio Music) – la médecine n’en est qu’au début de ses découvertes en ce qui concerne les phénomènes de résonance et d’interférence entre le son et le vivant…

Si « l’immatériel » et le « virtuel » se révèlent au contraire du lourd voire du très toxique, il est possible aussi d’apprivoiser les ondes à l’heure de l’excroissance du nuage numérique – et de « l’infobésité » d’un Bigdata en expansion continue… Comment ? Par le retour à la terre : « La terre nous nourrit constamment de particules chargées négativement et qui sont en réalité des électrons libres. Ces électrons rechargent nos corps du même courant dont se servent nos cellules et organes pour assurer un fonctionnement correct et pour nous maintenir en bonne santé. Plus nous sommes à la terre, mieux nous nous portons. Plus le sol est humide, plus nous sommes à la terre. Notre corps étant constitué principalement d’eau et étant par là même un excellent conducteur. ». Les pieds sur terre, en toute simplicité ? Chacun pourra mener à sa guise ses expériences de mise à la terre – en s’assurant de bonnes prises de terre et d’une rénovation électrique avec du matériel choisi selon le principe de la cage de Faraday pour un habitat électro-sain…

La lecture de cet ouvrage ouvre un triple chantier électromagnétique, thermique et phonique au domicile et dans la vie de chacun – pour peu que l’on consente à une salutaire « rupture » avec une tenace « passion de l’ignorance » et avec un si contagieux déni de réalité : comme chacun sait, ce n’est pas en se mettant la tête dans le sable qu’on la sauvera…

Peu après la parution du livre, l’Assemblée nationale a voté, le 29 janvier dernier, la proposition de loi de la député Laurence Abeille visant à « limiter l’exposition du public aux champs électromagnétiques ». Un début ? Pour autant, le peu résistible déploiement de la « téléphonie mobile à très haut débit » (4 G puis 5 puis 6 etc.) ne semble pas annoncer la fin du harcèlement électromagnétique ni l’avènement d’une si reposante sobriété énergétique à laquelle aspire tout être vivant qui se respecte. Demandez aux abeilles irradiées qui ont perdu le chemin de la ruche – ou à la poussière …

Gérard Dieuzaide, Les maladies des ondes, Dangles, 240 p., 20 €

 

 

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L’industrialisation à marche forcée réduirait-elle notre espérance de vie ? Philippe Desbrosses rappelle que les pratiques intensives de fertilisation artificielle épuisent dangereusement la fertilité des sols, détruisent les agrosystèmes et enraient le moteur biochimique du vivant tandis que l’uniformité génétique menace l’avenir alimentaire de la planète…

 

En 1987, l’agriculteur Philippe Desbrosses, docteur en science de l’environnement et expert-consultant auprès des instances européennes, publiait aux éditions du Rocher la première édition d’un livre qui s’est révélé pour le moins prophétique. Sa ferme-école de Sainte-Marthe (Sologne) sensibilisait déjà à la santé de l’environnement, s’opposant à une « logique » de l’agriculture aboutissant à « une diminution de la diversité alimentaire et de la diversité génétique »  servant « les standards industriels des monopoles »…

« Faire cracher la terre »…

Depuis, l’ouvrage a fait son chemin et connaît sa sixième édition chez Dangles – après avoir lu la première, l’abbé Pierre le gratifiait d’une préface (« il fallait ce livre ! ») – mais l’éventail des variétés alimentaires s’est encore restreint…

Voilà vingt-huit ans, Philippe Desbrosses prévenait : «  Les sols cultivables ne résistent pas à l’exploitation sauvage à laquelle on les soumet depuis les années 60. A coup de doping et d’artifices, on veut faire « cracher » à la terre, et tout de suite, les millions de quintaux et d’hectolitres de son corps, pour la laisser ensuite exsangue et stérile, comme on le fait avec un gisement minier dont on exploite le filon jusqu’à épuisement, pour recommencer ailleurs, et ainsi de suite. Cette pratique de la mine, appliquée à la terre, au lieu de perpétuer et d’entretenir ses cycles de reproduction, constitue une aberration qui risque de coûter très cher à notre insouciante civilisation. ».

Il n’échappe à personne que cette logique d’extraction des ressources a accumulé des situations pour le moins explosives, la production agro-alimentaire « moderne » répondant de moins en moins aux exigences nutritionnelles et sanitaires des populations : « Les lois de l’économie productiviste, les nécessités de la rentabilité financière n’avaient pas permis que l’on se préoccupât de ce détail accessoire : la protection de l’environnement ! ». En somme, une suicidaire aberration nous aurait fait « gaspiller aujourd’hui la fertilité dont nous aurons besoin demain ».

 

La grande leçon de tous les temps…

 

Au terme d’un panorama historique depuis la révolution néolithique, Philippe Desbrosses nous rappelle que la grande leçon de tous les temps, c’est qu’ « il n’y a pas de civilisation sans une agriculture prospère » et que « les sociétés qui n’ont pas su vivre en heureuse harmonie avec leur sol s’affaiblirent progressivement et disparurent »…

Le mot « humain » n’a-t-il pas la même étymologie que le mot « humus » ? Le saccage du second par l’abus de substances chimiques (et par la trilogie NPK c’est-à-dire azote, phosphore et potasse) laisse mal augurer de la survie du premier… Alors que l’agriculture est assurément l’activité la plus vitale sur terre, cette base essentielle a été dévalorisée et dépouillée de tout ce qui l’assurait de sa pérennité par une entreprise systématique de gaspillage organisé…

Abordant « le scandale du blé inpanifiable » et de la détérioration de la qualité organoleptique du pain, il rappelle que nos aliments ne peuvent être « soumis aux seuls impératifs industriels et commerciaux, à la seule compétition des marges et des rendements ».

Mais le pire n’est-il pas déjà consommé ? L’avènement du tracteur a « sonné le glas de l’équilibre agro-sylvestre-pastoral, en conduisant à l’abattoir des contingents de millions de chevaux » et toutes les trente secondes, une exploitation agricole disparaît dans le monde…

Rappelant le circuit du poison (le consommateur sait-il qu’il absorbe des pesticides en savourant son café ou un fruit ?) et le « détournement de marché » par la modification génétique des plantes, Philippe Desbrosses lève une partie du voile sur l’utilisation de « l’arme alimentaire absolue » qui met les industries agro-alimentaires en position dominante face à des consommateurs désorganisés… Aux contribuables de « supporter les coûts sociaux de la pollution des nappes phréatiques, de la désertification rurale, des incendies de forêts, du chômage, du gaspillage de l’énergie, du soutien artificiel des prix par les subventions »… Le moment de rupture qui verra des « foules sans revenus » côtoyer des « montagnes de marchandises sans marché » ne se rapproche-t-il pas ?

 

Faire refleurir les déserts ?

La survie du monde dépendrait-elle d’une poignée de plantes et de leur vigueur, comme le soulignait le Canadien Pat Roy Mooney ?

L’ère agricole a été celle du village, l’ère industrielle (produire plus pour consommer toujours plus) celle de la ville et de la quête du bonheur par l’accumulation de biens matériels : la postindustrielle sera-t-elle à nouveau celle du village annoncée par le Pr René Dubos ? En certaines contrées de ce monde menacé, le désert refleurit – ce qui va de pair avec une prise de conscience globale consistant à « traiter l’argent comme un moyen d’aide naturel à la création de richesses, non plus comme une marchandise de spéculation ou de domination ».

Dans le monde à venir, la population pourrait bien comprendre l’ardente nécessité de « produire directement l’essentiel de ses propres besoins en subsistances » – et ce, d’autant plus vite que les coûts réels et transferts de charges en tous genres ne pourront plus être camouflés indéfiniment… Redevenir paysans pour conjurer « l’apocalypse alimentaire » annoncée ? Une « intelligence verte » qui pourrait à nouveau transformer la terre en jardin est à réinventer. Pour Philippe Desbrosses, la première condition à ce sursaut est que « tous les adultes conscients des menaces qui pèsent sur la vie terrestre soient animés par le même sentiment de responsabilité collective et s’unissent pour participer à une œuvre pédagogique de réconciliation avec la nature, avec la vie, avec l’ordre cosmique » – en somme, « le pouvoir de l’amour contre l’amour du pouvoir »…

Utopie à l’ère du maillage numérique et de l’argent hors sol ? « C’est justement la cause principale des crises et le mal profond dont souffre la société moderne : l’absence de solidarité nous incline à ne pas jouer le jouer et, circonstance aggravante, lorsque tout le monde triche, on peut même s’attendre à ce que le jeu devienne un jeu de massacre »… Quand le désert se sera étendu jusqu’à l’effacement de toute possibilité de vie, cette « donnée »-là serait-elle enfin devenue urgence jaillie de l’implosion de tous les calculs ? Ce serait seulement lorsque tout sera sur le point d’être perdu que l’essentiel pourra être sauvé ?

Philippe Desbrosses, Nous redeviendrons paysans, Dangles, 272 p., 20 €

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