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Archive for janvier 2017

Yeux fermés et bras baissés

Le théâtre du monde t’est si étranger

Tu te laisses tomber

De l’autre côté du miroir brisé

Personne pour te ramasser

Avec juste cette évidence qui te laisse essorée…

 

Visage fermé et jambes ouvertes

Chacun et chacune cherchent la rose

Qui se lèverait d’entre les mots déshabités

Mais quel mirage nous hante d’un abîme à l’autre ?

Quel mensonge nous empêche de former une parole ?

Quel avenir ne se lève plus dans nos lendemains ?

 

 

Visage fermé et jambes ouvertes

Chacun et chacune guettent ce qui ferait signe

D’entre les lignes brisées d’un récit déserté

Mais qu’est-ce qui fait écran

Entre tout ce qui veut jouer en toute innocence

Dans la lumière retenue de tous les vivants ?

 

Visage fermé et jambes ouvertes

Chacun et chacune cherche la clarté

Qui se ranimerait sous les cendres d’un avenir désactivé

Mais qu’est-ce qui nous regarde au fond du puits ?

Quel sourire triste sans visage

Ranimera la musique d’un si long voyage ?

 

-II-

 

Yeux fermés et bras ouverts

Tu sens le miroir se briser en toi

Ses éclats te disent

Ce que sa surface t’a si longtemps tu

Le paysage défile sans toi

Le désert avance sous tes pas

 

Yeux fermés contre bras grands ouverts

Tu laisse s’accomplir la si grande faiblesse

D’être simplement là à la peine

En cette chambre close

D’où voir s’éteindre le bleu ébloui du jour

Ou sentir s’éveiller ce qui seul vaut d’être conté – ou pas

 

Yeux fermés en des bras ouverts

Revenue de la course au trésor

Dans l’ombre de l’ange

Où s’abolit l’horloge aux vieilles lunes incalculables

Pour que s’envole ta musique

Vers tout ce qui danse hors de ta portée

 

Yeux fermés bras plus jamais baissés

Arrivée au pays

Dans ta chambre de ciel

Les étoiles versent leur miséricorde

Sur ta couche au bord de l’envol

 

 

Si seule, dans l’atteinte du maître innommé…

 

Le Phénix ouvert…

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Shamisha

Les clés sont dans la boîte aux lettres

Le chat est sur la planche à repasser

La queue enroulée

Autour de la flûte à champagne

A qui d’autre donc confier

Ce vide qui grandit ?

 

Toutes ces nuits blanches

Passées à guetter une bonne étoile

Son brasillement apeuré m’a conduit

Jusqu’à cette étable au bord du monde

Où faire pleurer entre mes jambes

Le vin des affligés

 

Tu veux des mots ?

Mais comment appeler par son nom

Un monde qui s’en va ?

Comment faire jaillir d’une vie de si peu

Juste une étincelle de ce feu

A se donner contre la douleur des pierres?

 

Le chat est redescendu de la planche

Le champagne est tari à la source

Le rien se lève sur ce monde d’où s’absenter

Sans plus tarder

Toute vie déduite

D’une inextinguible dette sans débiteur

 

Le tremblement d’une fleur

Ouvre une fenêtre dans le ciel

Comment se donner ce feu

Juste pour faire advenir

Un peu de possible

Dans le vide qui s’étend ?

 

 

 

Le Phénix affligé

 

 

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Le temps se repose

Entre les lignes

Le chat descend l’escalier

Comme une grande personne

Le jardin grandit dans tes mains

Où seras-tu demain ?

 

Tu ramasses sans y penser

Un pauvre instant oublié

Le soir s’allège

Vers le risque ou le rien

Ivry tu dis ?

Voilà que tout revient

 

Le temps se repose

Entre tes mains

Ta vie coule vers son demain

Le bleu t’emmène si loin

Mais te voilà trop près

De la flamme qui voile le chemin

 

Ton temps t’appartient

Tu ne doutes de rien

Ni du sommeil trompeur des pierres

Ni de l’envol des âmes sur l’ombre de la page

Ta vie s’étend aussi loin

Que la pauvreté sur le monde

 

 

« Seule la pauvreté est éternelle »

pleure la pierre qui peine à épuiser son avenir…

 

 

 

 

Le Phénix reposé

 

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Midi

Brûle le chemin

Sous mes pas

Où tu n’es pas

 

Le soir

Efface l’annonce

Du trépas

Sous l’arbre l’invisible

Vertèbre après vertèbre

S’effeuille

Et ranime

La braise sous le deuil

 

Minuit

Effrite

Des paysages enchantés

De Toi

  • II –

 

  • Midi
  • Dans l’haleine des prés
  • L’épi dressé
  • Au solstice de l’instant
  • Où tu n’es pas
  • Me mène à ma demeure
  • Ou à ce qui ne passera pas
  • La fin du jour

 

  • Midi
  • Cette invitation d’eau vive
  • Dévale la pente
  • D’un cœur sans racines
  • Semeur de mots perdus
  • A la poursuite de métaphores
  • Qui feraient une parole d’homme
  • L’arme dans la tombe
  • pense sa prochaine
  • Cible
  •  
  • – III –
  • Minuit
  • La musique nous fuit
  • Elle nous a si peu souri
  • En ce jardin clos sans retour
  • où dévale
  • La seule vérité
  • De l’encre séchée
  • L’horloge arrêtée
  • Jette l’inaccompli
  • Sur ta plaie
  • Minuit
  • La lame du réel
  • Réveille  le corps de l’ange
  • Sur la pointe de ton jour
  • Minuit ma belle amie
  • Le cœur penché
  • Sur l’adieu
  • Verse le vin
  • Des affligés
  • – Là expire l’éternité
  • Le Phénix expiré

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La lucarne

november-2016-292Quelle lucarne

S’ouvre assez grand

Sur ce visage au fond d’une larme

Ou sur ce ciel de commencement

Tendu vers l’offrande d’une étoile

Entre tes sanglots trop longs pour étonner les oiseaux ?

 

Souviens-toi Silvia la la la

Suffit-il de cueillir un homme

Sans racines

Pour se rendre une terre

Sous les pavés

Ou se faire présent d’un avenir sous les cendres ?

 

Quelle musique s’envole

Vers ce qui ne se dit pas en notes

Ou ne se laisse pas défaire en mots

Dans le rétroviseur de ce Flixbus vert

Engagé sur ce chemin de pierres

Qui court de corps en corps brisés ?

 

 

Souviens-toi Silvia

Quel nuage fait pleuvoir

En présence apaisante

Ce qui ne se laisse pas saisir

Dans la débâcle

De tant de jours mort-nés à leur au-delà?

 

Si les lois des hommes

Ne créent ni chansons ni maisons

Qu’est-ce qui respire

Sous la plaie des pierres

Et s’accroît de la lumière de chaque jour

Pour ouvrir cette lucarne dans le noir qui nous habite ?

 

Souviens-toi Silvia de cet été-là

Quel ordre du monde vacille

Au fond d’une larme de damné

Pour ouvrir sur un feu

– sur un lieu où saisir enfin une main ?

 

  • II –

 

Voilà l’heure de nous réveiller sous l’écorce

De ce vieux pays incendié d’émeutes et d’aurores

Il a bon dos si bien couturé

Et s’ouvre comme un grand livre

Au seuil d’une promesse toujours renouvelée

  • C’est le pays où l’on ne baisse jamais les bras

Pour déballer chaque jour

Comme un cadeau précieux

  • C’est le pays où l’on ne désarme plus jamais

Pour nous recréer avec la lumière

De chaque matin

Et nous désaltérer de sa coupe toujours à moitié pleine…

Ce que poésie sait

L’homme s’en emplit

Et l’accomplit…

 

Schaukel nur Kindlein

Aber lass Dich niemals verschaukeln

 

Le Phénix désaltéré

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Il s’en passe des choses à Kiev comme au ciel

« Ce soir Kiev est bleue comme une orange »

M’écris-tu par courriel

Avant de prendre le train pour Morhange

Alors que le monde se noie dans son incontinence

Quelles images, quelles fulgurances

Pourraient-elles soulever encore les feuilles mortes

D’une saison de solitudes sans voix ?

 

« NOUS ECLAIRONS LE MONDE »

Dit le directeur financier de Opak Industries

A l’assemblée générale des actionnaires

« Notre niche de marché est le tube de néoncon »

Mais à quoi donc s’éclairent

Ceux dont le regard perdu

Et les pas comptés

Peinent vers un été sans issue ?

 

Le mal passe sur ce qui meurt

Le règne de la haine investit la plaie des fleurs

Et s’installe dans l’écoulement du temps

Quels mensonges effacent la terre sous nos pas

Quels renoncements effacent le ciel ?

Comment illuminer la feuillée étonnée

D’un jour simplement visité

Par la grâce d’un pas de rosée ?

 

le Phénix aux doigts de rosée….

 

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Les grandes filles en savent toujours trop

Elles aiment se payer de mots

Personne pourtant n’a jamais vu naître

Ni grandir

Une seule étoile

Dans l’immensité

Mais les grandes filles aiment les cieux

Couleur champagne ébloui

Où décrocher des astres

Qui n’ont pas vu le jour

 

 

Quelle pendule s’arrête

Sur un blanc de neige ?

Quelle solitude s’achève

Sur le dernier mot

D’un orage sur la crête ?

Les grandes filles glissent

Bien trop vite

Sous ce ciel de cendres

Si vide d’astres à saisir

Comme une plaie ouverte

 

Les grandes filles aiment être payées en mots

Leur jeune ombre s’impatiente

De se dérouler vers des vies ardentes

Mais le vent se lève

Sur une chanson triste sans paroles

Toujours la même

Dis-moi que tu m’aimes

Le veau était si beau

Avant l’abattoir

Qui a soufflé la flamme ?

 

Les grandes filles parlent si fort

Dans nos têtes dévastées

Dans leurs yeux s’éveillent

Des villes tristes qui tremblent

Sous l’aile du papillon

Les grandes filles veulent faire des vagues

Quand bien même

Il n’y aurait plus rien à saisir

Serait-ce la souffrance d’une pierre égarée

Au bord d’un chemin diamanté de larmes

 

Les grandes filles aux longues jambes de lumière

Veulent nous emmener vers la lune

Qu’on tarde trop à leur promettre

L’univers muet est à leur écoute glacée

Les mots doux attendront la pomme tombée

De l’arbre du dernier jour

Les longues filles aux grands yeux clair de Terre

Veulent juste qu’on leur dise

Des mots qui pleuvent

Pour arrêter de grandir

 

 

le Phénix à grandir, Génie à bouillir…

 

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