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Archive for février 2015

Ces ondes de mort…

La vie serait-elle un phénomène de nature électro-sensible et notre corps une antenne ? Cela expliquerait-il le nombre croissant d’allergies aux champs électromagnétiques produites par les nouvelles technologies sans fil ? Si les recherches sur les maladies émergentes prennent en compte l’intoxication chimique, notamment par les métaux lourds, « le référentiel électromagnétique n’est pas encore intégré à la démarche » médicale, ainsi que le rappelle l’ouvrage du Dr Gérard Dieuzaide.

Peut-on concilier addiction aux « nouvelles technologies » sans fil, antennes-relais de téléphonie mobile, wifi et santé publique ? Quels sont les effets sur la santé des champs et ondes électromagnétiques ?

Le Dr Gérard Dieuzaide, chirurgien-dentiste diplômé de posturologie, a contribué au film documentaire Les sacrifiés des ondes (réalisé par Jean-Yves Billen) et publié Libérez-vous de ces matières parasites (éditions Trédaniel), un premier livre consacré aux effets vibratoires de certaines matières posées en bouche lors de soins dentaires. Dans l’exercice de son métier, il a constaté une « montée sans précédent des troubles liés aux nuisances électromagnétiques ». Après avoir étudié la réalité électromagnétique du corps (« chaque individu dispose d’un système oscillatoire qui lui est propre, qui serait comme une signature personnelle »), il invite à s’interroger sur les « conséquences des interactions électromagnétiques environnementales sur le génome humain ». Il recommande tout particulièrement à ses confrères de ne plus mettre d’alliage métallique dentaire dans la bouche de ses patients « car ils génèrent un syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques ».

Finis, les « plombages » – en fait, des amalgames à base de métaux en poudre et de mercure liquide ? Mais les nouvelles matières posées dans la bouche (composites, zircone ou autres céramiques) peuvent aussi « renvoyer un écho électromagnétique toxique » – car, en dentisterie moderne, « les qualités techniques priment sur les qualités de biocompatibilité »…

Et nombre de matières (bijoux, piercing, lunettes, etc.) dans notre quotidien peuvent induire une électrosensibilité du matin au soir : « Du jour de notre naissance, jusqu’au jour de notre mort, les moments où nos organismes auront pu se reposer de ses messages toxiques sont rarissimes »…

 

« Nouvelle donne environnementale » et « négationnisme »…

Voilà une génération déjà, le journaliste scientifique Paul Brodeur et écrivain alertait contre la pollution magnétique dans son livre-événement, Les courants de la mort (1989, traduit chez Robert Laffont) – il avait déjà alerté contre l’amiante dans les sweet sixities puis contre la destruction de la couche d’ozone par les produits chimiques…

La « vie moderne » et la fuite en avant technologique nous valent une invasion de gadgets électroniques induisant une nouvelle donne environnementale – voire une puissante déferlante de nuisances telles que fybromyalgie, fatigue chronique, maux de tête, troubles du sommeil et troubles neurovégétatifs si ce n’est cancers… Qui n’a pas déjà entendu parler de l’électro-hypersensibilité, cette maladie handicapante produite, semble-t-il, par ces « merveilleuses » technologies sans fil ? Il court, il court, ce mal invisible appelé EHS – et la contagion s’étend… Les travaux de l’ARTAC (Association pur la recherche thérapeutique anticancéreuse), sous la direction du professeur Dominique Belpomme, montrent le caractère fatal de la rencontre entre les champs électromagnétiques environnementaux naturels ou artificiels (CEM) avec la matière vivante – ils ouvrent notamment, tout comme les pesticides et autres composés organiques volatiles, la barrière hémato-encéphalique (BHE) qui protège le cerveau des agents pathogènes circulant dans le sang : « L’ouverture de ce filtre séparateur permet aux toxines, agents pathogènes et autres métaux lourds présents dans la circulation sanguine de pénétrer plus facilement dans le cerveau »… Sans oublier les conséquences sur d’autres barrières comme la barrière hémato-oculaire (qui protège les yeux) , hémato-placentaire (qui protège le fœtus), hémato-entérique (qui protège le système digestif) et hémato-testiculaire (qui protège le développement du sperme).

Depuis deux décennies, les radiations des téléphones portables « perturbent les communications au sein des membranes cellulaires, parasitant la communication entre les cellules et notre ADN ». Or, selon le professeur Belpomme, le nombre de victimes de ces nuisances serait largement sous-estimé alors que les chiffres devraient interpeller : 2 millions de fibromyalgiques, 1 million de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer – sans oublier les enfants souffrant d’autisme ou de troubles psychiques… Le spécialiste de l’électrosensibilité constate une « augmentation constante du nombre de malades atteints par la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et bien d’autres maladies neuro-dégénératives, une explosion de cancers »…

Alors que nos vies sont condamnées à baigner dans un électrosmog de plus en plus épais, le « négationnisme » électromagnétique est-il encore tenable ? Il y a péril en notre demeure terrestre (elle brûle et « nous regardons ailleurs »…) et nous nous laissons entraîner dans une fuite en avant vers l’abîme, menée au nom d’un fondamentalisme technologique supposé pourvoyeur de « profits » et d’une « compétition » entre grandes entreprises vers toujours plus rapide – « comme si ces quelques dixièmes de secondes gagnées étaient un impératif vital »… Tant que prospèrent nos addictions à cet intégrisme technologique en folie, la maladie de l’électrosensibilité s’étend inexorablement à tout le vivant…

 

Apprivoiser les ondes ?

 

Le livre du Dr Dieuzaide n’en est pas pour autant avare de solutions pour réduire notre intoxication : feuille de mica, plaques de lépidolite, hématite, pierres ou pyramides de shungite, tourmaline, cages de Faraday, tissus de protection ou plantes. Au nombre de ces dernières, la lavande (utilisable en huile essentielle) ou certains cactus d’Amérique centrale (Cervus peruvianus) ou d’Afrique du Sud (Crassula ovata)…

La lutte contre les nuisances énergétiques peut prendre une autre dimension vibratoire avec la musique (procédé Bio Music) – la médecine n’en est qu’au début de ses découvertes en ce qui concerne les phénomènes de résonance et d’interférence entre le son et le vivant…

Si « l’immatériel » et le « virtuel » se révèlent au contraire du lourd voire du très toxique, il est possible aussi d’apprivoiser les ondes à l’heure de l’excroissance du nuage numérique – et de « l’infobésité » d’un Bigdata en expansion continue… Comment ? Par le retour à la terre : « La terre nous nourrit constamment de particules chargées négativement et qui sont en réalité des électrons libres. Ces électrons rechargent nos corps du même courant dont se servent nos cellules et organes pour assurer un fonctionnement correct et pour nous maintenir en bonne santé. Plus nous sommes à la terre, mieux nous nous portons. Plus le sol est humide, plus nous sommes à la terre. Notre corps étant constitué principalement d’eau et étant par là même un excellent conducteur. ». Les pieds sur terre, en toute simplicité ? Chacun pourra mener à sa guise ses expériences de mise à la terre – en s’assurant de bonnes prises de terre et d’une rénovation électrique avec du matériel choisi selon le principe de la cage de Faraday pour un habitat électro-sain…

La lecture de cet ouvrage ouvre un triple chantier électromagnétique, thermique et phonique au domicile et dans la vie de chacun – pour peu que l’on consente à une salutaire « rupture » avec une tenace « passion de l’ignorance » et avec un si contagieux déni de réalité : comme chacun sait, ce n’est pas en se mettant la tête dans le sable qu’on la sauvera…

Peu après la parution du livre, l’Assemblée nationale a voté, le 29 janvier dernier, la proposition de loi de la député Laurence Abeille visant à « limiter l’exposition du public aux champs électromagnétiques ». Un début ? Pour autant, le peu résistible déploiement de la « téléphonie mobile à très haut débit » (4 G puis 5 puis 6 etc.) ne semble pas annoncer la fin du harcèlement électromagnétique ni l’avènement d’une si reposante sobriété énergétique à laquelle aspire tout être vivant qui se respecte. Demandez aux abeilles irradiées qui ont perdu le chemin de la ruche – ou à la poussière …

Gérard Dieuzaide, Les maladies des ondes, Dangles, 240 p., 20 €

 

 

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Le dernier livre du journaliste Pierre Jovanovic invite, sur un mode pressant à réaliser l’effondrement d’une « Tour de Babel » monétaire fondée sur l’Avoir et le Pillage…

 

 

Cela commence à se savoir : l’Europe souffre d’un système bancaire hypertrophié (« trop grosses pour faire faillite »…), gavé de produits dérivés toxiques, et l’ancien journaliste économique Pierre Jovanovic sonne l’alarme depuis 2008, notamment dans son « Blog de l’Apocalypse financière »…

Pour autant, peut-on expliquer l’effondrement financier à venir par l’eschatologie chrétienne (plus particulièrement par l’Apocalypse selon saint Jean et « l’excédent de 666 talents d’or » du roi Salomon) et transposer la parabole du bon et du mauvais grain aux OGM et au système monétaire ?

C’est le pari qu’il tente dans son nouvel opus, sous-titré « du vol organisé de l’or des Français et de la destruction des Nations par le dollar grâce aux gouvernements et médias à ses ordres ».

Le livre s’ouvre par une longue citation d’Ayn Rand (1905-1982), la « papesse des économistes américains »,  sur le papier-monnaie – juste le « prêt d’une richesse qui n’existe pas, garanti par un fusil pointé sur ceux qui sont censés la produire »… Nos aïeux ont pu « vivre » en première ligne les effets pervers de la première planche à billets de l’aventurier franco-écossais John Law (1671-1729) sous Louis XV (une escroquerie qui a inspiré le Faust de Goethe), des assignats de la Révolution et les émissions du Directoire – la mémoire collective s’en est perdue…

Mais quelle est cette « Bête à 7 têtes » qui veut « voler l’or de la France » ? Pierre Jovanovic entraîne ses lecteurs dans les convulsions de l’Histoire – surtout celle qu’on ne trouve pas dans les manuels – et nous rappelle que l’on ne laisse pas les enfants en mal de jolies histoires jouer avec les allumettes : alors pourquoi laisser les hommes en manque de grand récit collectif et les présumés adultes en panne de sens jouer avec la monnaie ?

 

1913 : la « première grande escroquerie » ?

Au commencement de cette histoire fort documentée, « l’ensemble des échanges commerciaux se payaient par lettres de crédit basés sur l’or, validées par des banques bien connues ». La « dette » des gouvernements est alors « quasi inexistante ». Que s’est-il passé depuis ?

« Tout allait bien jusqu’en 1913, date de la fondation de la Federal Reserve, autrement dit de la Bête à 7 têtes (…) Si auparavant tout billet dollar était échangeable contre de l’or ou de l’argent (soit une couverture métal de 100%), l’année 1913 vit la mise en place de la première grande escroquerie (…) via cette nouvelle Federal « Reserve » : les banquiers décidèrent que les « réserves » d’or ne couvriront plus que 40% de la valeur de tous les billets émis ! Cette grande escroquerie a été imaginée et lancée en profitant du fait que tous les journaux étaient remplis à 100% d’articles sur les tensions militaires internationales montantes. D’un trait de plume, les banquiers avaient volé 60% des réserves d’or des Américains ! ».

L’ancien journaliste du Matin de Paris invite à prendre la mesure de « l’effet meurtrier et pervers d’une planche à billets » et à considérer ce qui n’apparaît pas encore pour une évidence : « lorsque le travail n’est pas compensé par l’or (ou bétail, ou blé) mais par le vide, le rien, le néant d’un bout de papier, il se transforme naturellement en haine qui amène la destruction » – la preuve par la Grande Guerre qui a suivi et toutes les autres : « La démonétisation de la monnaie est la clé de ce qui va se passer dans les mois ou années à venir »…

En 1935, les stocks d’or français approchent les 4000 tonnes. En 1940, Lucien Lamoureux (1888-1970), le très  inspiré ministre des Finances de Paul Reyaud (1878-1966), soustrait l’or de la France à la convoitise de la « Bête à 7 têtes » (le dollar dont les billets représentent les têtes de sept présidents américains) – alors que le président Roosevelt (1882-1945) avait demandé à ce qu’il soit envoyé aux Etats-Unis…

Depuis les accords de Bretton Woods (1944), le dollar est consacré « devise de référence internationale » – il pouvait être échangé, sur demande, contre de l’or « à raison » de 35 dollars l’once. En 1968, la Fed « décida purement et simplement de supprimer son obligation de couvrir la valeur de sa masse de dollars papier émise par des lingots d’or »… Et c’est le début de la fin d’un système avalisé par Richard Nixon (1913-1994) le 15 août 1971…

« Un système financier est censé rassembler les hommes en leur permettant d’échanger des biens sur une base commune. Pas les diviser. Il est l’huile avec laquelle les rouages du commerce tournent (…) Les fameuses « Trente glorieuses » sont avant tout celles du standard or indirect de Bretton Woods qui ont reposé sur une once stable à 35 dollars. Le chômage n’a commencé qu’après la sortie de la couverture or des Etats-Unis »…

Quand « l’or du peuple » est bradé « en catimini »…

L’ancien journaliste économique pointe le bilan d’un ancien occupant de l’Elysée … lors de son bref et funeste passage à Bercy voilà une décennie : « Nicolas Sarkozy a été nommé à la tête du ministère des Finances en 2004 et sa première décision fut de vendre 600 tonnes de l’or de la France, alors que rien, mais alors vraiment rien, ne l’exigeait. Pas de guerre, ni de nécessité monétaire et encore moins de crise budgétaire massive ou de crise financière internationale. Pire (pour les Français), il l’a vendu alors que le cours de l’or était au plus bas ( !!!) C’était dans les intérêts des Etats-Unis. Le dollar américain avait gravement besoin d’un soutien. On pourrait remarquer que les Américains, de leur côté, n’ont pas venu un seul gramme de leur or selon les statistiques officielles. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! ». L’or français est corvéable à merci dès qu’il s’agit de venir à la défense du dollar papier américain ; mais l’or américain, lui, non ! Il s’agit là d’un crime de haute trahison contre les Français. Cela vous explique aussi la disparition de la Constitution, en 2007, de la mention de « haute trahison » qui pourrait se retourner contre ces politiciens ». (…) La dissolution-destruction de l’ultime richesse garantissant la souveraineté d’un pays représente sa mise en esclavage immédiate au profit de la Fed (…) Lorsqu’un politique décide de vendre « en catimini » l’or du peuple, cela relève de la haute trahison, car par là même il vend la richesse de son pays à une puissance étrangère. ».

De quoi désespérer le général de Gaulle et La Fontaine: voilà les enfants du laboureur condamnés à remuer leur champ jusqu’à la fin des temps, sans pouvoir y exhumer le fantôme de l’éclat d’un trésor – ni y entrevoir l’ombre d’une rédemption : le travail n’assure plus la survie de l’honnête ou du vertueux…

Les nations ayant perdu de vue les bienfaits de la vertu monétaire, les fils prodigues d’une Terre jadis si généreuse de ses bienfaits ont épuisé leur héritage et leur crédit… Tous sur la paille, comme les ânes qui la préfèrent à l’or ? Tout, dans l’histoire des hommes, tournerait-il de façon plus ou moins avouée autour du souverain or, point fixe perdu de vue d’un système désormais en perdition irrémédiable?

Moins de richesse, plus de papier ou de pixels ? Imagine-t-on Danaé désaltérée sous une pluie de confettis ou de pixels ? La caractéristique d’une monnaie fiduciaire ne serait-elle que de détruire des modes de vie fondés sur l’ordre naturel des choses au seul « bénéfice » ( ?) d’un ingouvernable fétiche en toc ?

Alors voilà l’espèce fort dépourvue, au seuil de l’ère glaciaire annoncée… Et voilà un livre qui certes ne lui tiendra pas chaud, en dépit de sa densité qui fait palper tout à la fois un panorama et tinter un horizon glaçant… Mais le tintement de l’or perdu (volé) des peuples n’a pas le soyeux du froissement d’une couverture or… Pour autant, le livre de Pierre Jovanovic fendra-t-il la mer de glace qui a saisi l’intelligence collective, fendra-t-il cette obtuse passion de l’ignorance qui empêche de faire société?

 

Le Phénix bien désargenté…

 

Pierre Jovanovic, 666, Le Jardin des Livres, 380 p., 23 €

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