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Archive for septembre 2011

Sauver sa peau…

La peau est le miroir de notre santé et de notre histoire – ou un livre ouvert pour qui sait la déchiffrer : impossible d’avoir une « peau de pêche » sans une bonne hygiène de vie…

 

La peau est l’organe le plus étendu (2 mètres carrés) du corps humain, le plus massif (un tiers du poids de l’individu), le plus sensible et le plus dense aussi (3 vaisseaux sanguins, 12 nerfs, une dizaine de glandes sudorales sur un millimètre carré). Elle est « ce qu’il y a de plus profond dans l’homme » (Paul Valéry, L’Idée fixe) : rempart contre les agressions extérieures, elle constitue aussi une remarquable matière d’échanges avec notre environnement et gouverne même toute l’immunité de l’organisme.

Elle remplit des fonctions essentielles au bon fonctionnement de ce dernier : elle respire, digère, élimine. Comme le gros intestin, les poumons et les reins, elle évacue déchets et toxines. Aussi, ses trois millions de cellules qui se renouvellent à grande vitesse doivent être bien nourries et hydratées – de façon naturelle, autant que faire se peut – afin qu’elle ne soit pas « de chagrin »…

 

 

Une peau à double face

 

Dans son ouvrage Le Moi-Peau, Didier Anzieu rappelle une peau à double face : « l’une interne qui contient ; l’autre externe qui protège des stress extérieurs ». La peau est l’organe le plus agressé – et le plus difficilement remplaçable, avec le système nerveux.

Les affections cutanées (acné, dermite, eczéma, érythrose, psoriasis, rosacée, urticaire, pelades, etc.) ne sont pas seulement des maladies de l’épiderme mais autant de signaux de détresse : des problèmes internes y transpirent et un état mental souvent se signe sur notre enveloppe protectrice.

Les cellules cutanées et celles du système nerveux communiquent et notre enveloppe charnelle reflète nos petits et nos grands tourments : « Si la peau est un organe qui parle, c’est bien parce que dans la maladie, il y a le « mal à dire » souligne le Dr Gérard Pommier. N’a-t-on pas « les nerfs à fleur de peau » ?

D’éminents praticiens sont même convaincus que les verrues « peuvent être éliminées uniquement par influence psychique, par suggestion » (Dr Louis Dubertret) – mais de modestes herbes de nos jardins les éliminent tout aussi bien (chélidoine, thuya, souci).

L’argile est sans doute l’un des plus anciens produits cosmétiques – les Marocaines utilisent le masque au ghassoul, une argile fine au pouvoir purificateur. Utilisée par voie interne (eau argileuse prise à jeun le matin) ou externe (masque à base d’argile surfine), elle facilite l’élimination et est préconisée pour remédier à l’acné, provoquée par l’inflammation des glandes sébacées.

La pharmacopée ancestrale est généreuse en recettes alliant soin et beauté, comme le calendula qui active la cicatrisation des plaies (en teinture mère) ou fournit une lotion contre les verrues (macéré dans du vinaigre d’alcool). Les masques au concombre permettent également de décongestionner la peau du visage – mais l’électrocoagulation des vaisseaux couperosés est également recommandée par le corps médical. La racine de la bardane est utilisée depuis l’Antiquité grecque pour ses propriétés antibactériennes et antifongiques contre les problèmes d’inflammations ou d’infections cutanées – souvent en synergie avec une autre plante dépurative comme la pensée sauvage.

 

 

Un « capital vie » à préserver

 

Sauver sa peau, c’est prendre soin de sa personne toute entière et engager la lutte contre le vieillissement. Bien des substances participent de cette alchimie interne comme les oligo-éléments (magnésium, fer, calcium, zinc, cuivre) et les vitamines : vitamine A nécessaire pour préserver l’élasticité, B2 anti-desquamante et antiséborrhéique, vitamine B9, vitamine C (indispensable à la synthèse du collagène), vitamine E (au pouvoir antioxydant), F (indispensable au maintien de la structure des membranes cellulaires) et PP (tout aussi indispensable pour la métabolisation des acides gras essentiels).

La peau trouvera son compte en vitamines du groupe B dans les haricots, les courgettes, les choux et les épinards notamment – et fera le plein en acides gras essentiels dans l’huile de colza et les poissons gras. Bien entendu, il conviendrait aussi, à titre préventif, de ne pas nourrir sa séborrhée à table par un excès de pain, de graisses animales ou de sucreries.

Prendre soin de son capital peau, c’est exercer une vigilance de chaque instant en la préservant de l’action néfaste du soleil (ne pas s’y exposer sans crème protectrice de préférence « écran total »), du vent, de la pluie – et aussi des savons acides (qui décapent la couche hydrolipidique) ainsi que de l’eau du robinet (chargée en calcaire, aluminium et nickel).

La préservation de sa peau suppose aussi celle de son système veineux, de son sommeil et de sa chevelure. Enfin, l’on surveillera tout particulièrement les naevi (dits « grains de beauté »), ces élevures cutanées de couleur brunâtre ou rosée que certains spécialistes recommandent de retirer en cas de modification – avant qu’ils ne se transforment en mélanome. A cet égard, les extraits d’euphorbe sont particulièrement efficaces contre certains cancers cutanés non mélanocytaires – les formes les moins graves et les plus fréquentes…

Au-delà de ses fonctions physiologiques et affectives, le toucher, rappelle Jean-Louis Abrassart (qui enseigne les massages harmonisants), « est encore échange au niveau le plus fondamental : transmission énergétique ». Ne pourrait-il pas y avoir aussi des écoles du toucher pour conjurer certaines lésions dangereuses entre la peau et l’âme ?

 

Le Phénix tactile…

 

Article paru dans Naturisme magazine n°12 mai-juin 2011

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